Mme Mac'Miche n'était pas rentrée. En sortant de chez Juliette, elle avait été chez M. Old Nick et lui avait proposé de prendre Charles en pension.
«A-t-il père et mère? demanda Old Nick d'un ton bourru.
Madame Mac'Miche:—Ni père, ni mère, ni oncle, ni tante. Je suis sa seule parente, et c'est pour cela que je l'ai pris chez moi et que je dispose de lui sans que personne ait à s'en mêler. C'est un garçon insupportable, odieux, qui a tous les vices, ce qui n'est pas étonnant, car... je crois..., je soupçonne... qu'il est aidé,... soutenu par..., par... les fées, ajouta-t-elle en parlant très bas et regardant autour d'elle avec crainte.
Old Nick:—Hum! Je n'aime pas ça... Je n'aime pas à avoir affaire à..., à...ces dames. Il faudra augmenter sa pension d'après cela.
—Comment! s'écria Mme Mac'Miche avec effroi. Augmenter... la pension?... Mais je me trompe peut-être; ce n'est qu'une supposition,... une idée.
Old Nick:—Idée ou non, vous l'avez dit, ma bonne dame. Ce sera six cents francs au lieu de quatre cents.
Mme Mac'Miche voulut en vain prouver à Old Nick qu'il avait tort d'ajouter foi à des paroles dites en l'air. Il tint bon et refusa de la débarrasser de Charles à moins de six cents. Elle consentit enfin en soupirant et en formant le projet de ne rien payer du tout.
Madame Mac'Miche:—Vous voulez donc bien à ces conditions, Monsieur Old Nick, vous charger de mon vaurien? Il est difficile; je vous ai prévenu; on n'en vient à bout qu'en le rouant de coups.
Old Nick:—Soyez tranquille, Madame; nous connaissons ça. Nous en viendrons à bout; j'en ai déjà une douzaine qui m'ont été confiés pour les réduire; ils ne résistent plus, je vous en réponds. Nous vous rendrons le vôtre docile comme un agneau.
Madame Mac'Miche:—Je ne vous le redemanderai pas; gardez-le tant qu'il vivra; je n'y tiens pas.