—Je ne te verrai plus, Betty? dit tristement Charles.
Betty:-Qui sait? Je vais tâcher de me placer chez M. Old Nick; il cherche toujours des servantes. Peut-être y a-t-il place pour moi dès aujourd'hui.
Charles:—Quel bonheur, Betty! Je ne serai pas tout à fait malheureux, te sachant si près de moi.»
Avant de franchir le seuil de la porte, il se retourna vers Mme Mac'Miche, qui voyait échapper sa proie avec satisfaction et colère: d'une part, la joie du gain qu'elle ferait ne payant pas la pension de Charles et n'ayant plus à l'entretenir; d'autre part, la rage de n'avoir plus personne à tourmenter, et de les voir partir heureux de la quitter.
«Adieu, ma cousine, dit Charles; quand je serai grand, je viendrai vous redemander mes cinquante mille francs, intérêts et capital, comme vous disiez.»
Mme Mac'Miche prit un balai pour faire ses derniers adieux à Charles mais d'un bond il avait déjà rejoint Betty quand le balai retomba et brisa un carreau de la porte. Ils se sauvèrent, laissant Mme Mac'Miche crier et pleurer sur son carreau cassé; elle ne voulut pas faire la dépense d'un carreau neuf et boucha l'ouverture avec une feuille de papier qu'elle fit tenir avec le reste de la colle de Charles.
X
DERNIER EXPLOIT DE CHARLES
Charles:—Betty, laisse-moi faire mes adieux à Marianne et à Juliette avant d'entrer dans cette maison. Je n'y resterai pas longtemps; dans peu de jours, j'espère être revenu chez Juliette.
Betty:—Et moi, donc! Tu me laisseras chez ce vieux Old Nick?