V


SOMMAIRE

Le roman-Empire: Pigault-Lebrun.—Mme de Staël.—Châteaubriand.—Lamartine et Victor Hugo.—Dumas père.—Eugène Suë.—George Sand.


La Terreur passa. Les Lettres, qui étaient montées sur l'échafaud avec André Chénier, revinrent à elles, blêmes encore d'effroi.

Pigault-Lebrun fut le Boccace de cette époque hasardeuse, un Boccace aussi inférieur au Boccace italien, que l'étoupe à la batiste.

Fiévée, narrateur agréable, amusa le public avec des historiettes, et Ducray-Duminil conta à la jeunesse des évènements pathétiques, des romans où la vertu persécutée triomphait toujours en dernier ressort. De la plume de Mme de Genlis jaillit un jet continu, égal et monotone, de récits d'une tendance pédagogico-morale. Illuminée et prophétesse. Mme de Krüdener visa plus haut en écrivant Valérie.

Cependant, la figure principale qui domine ces figures secondaires, parmi lesquelles il en est tant de féminines, est une autre femme d'une culture prodigieuse et d'une intelligence élevée, philosophe, historien, talent viril, s'il en fut,—la baronne de Staël.