IX
SOMMAIRE
Alphonse Daudet: il débute par la poésie.—La parenté avec Dickens.—Le Petit Chose.—La caractéristique de Daudet romancier et écrivain.—Le Nabab.—Les Rois en exil.—Numa Roumestan.—Daudet et Zola.
Alphonse Daudet est né dans le Midi de la France, pays de gai savoir et de climat prospère, assez semblable à notre Andalousie. Le ciel serein, le clair soleil et la végétation florescente des zones méridionales semblent avoir leur reflet dans le caractère de cet écrivain, dans sa fantaisie étincelante et dans son heureux tempérament littéraire.
Ernest son frère, dans le livre intitulé Mon frère et moi, donne les preuves de la précocité du talent d'Alphonse et affirme que son premier roman, écrit à quinze ans, serait digne de figurer dans la collection de ses œuvres actuelles. Il observe aussi que la critique n'a pu trouver d'infériorité relative entre les différents livres qu'il publia, ni choisir et signaler une œuvre de lui supérieure aux autres,—ce qu'elle a fait pour les Goncourt, Flaubert et Zola.
Les débuts de l'histoire littéraire d'Alphonse Daudet furent difficiles. Il lutta héroïquement contre la gêne qui avait peu à peu écrasé sa famille, gêne qui finissait par être de la pauvreté. Il entra comme pion dans un collège, se destina ensuite au journalisme, et dans sa chambre d'étudiant, commença à travailler modestement et courageusement pour gagner de la réputation.
Son premier livre fut un volume de vers, Les Amoureuses: avec un surenchérissement d'éloges hyperboliques, la critique a dit de cette œuvre «que Daudet avait recueilli la plume d'Alfred de Musset mourant.»