Étant arrivé dans l'État de Tching, les vivres lui manquèrent complètement. Les disciples qui le suivaient tombaient de faiblesse, sans pouvoir se relever.

Tseu-lou, manifestant son mécontentement, dit: Les hommes supérieurs éprouvent donc aussi les besoins de la faim? Le Philosophe dit: L'homme supérieur est plus fort que le besoin; l'homme vulgaire, dans le besoin, se laisse aller à la défaillance.

2. Le Philosophe dit: Sse, ne pensez-vous pas que j'ai beaucoup appris, et que j'ai retenu tout cela dans ma mémoire?

[Le disciple] répondit avec respect: Assurément; n'en est-il pas ainsi?

Il n'en est pas ainsi; je ramène tout à un seul principe.

3. Le Philosophe dit: Yeou [petit nom de Tseu-lou], ceux qui connaissent la vertu sont bien rares!

4. Le Philosophe dit: Celui qui sans agir gouvernait l'État, n'était-ce pas Chun? comment faisait-il? Offrant toujours dans sa personne l'aspect vénérable de la vertu, il n'avait qu'à se tenir la face tournée vers le midi, et cela suffisait.

5. Tseu-tchang demanda comment il fallait se conduire dans la vie.

Le Philosophe dit: Que vos paroles soient sincères et fidèles; que vos actions soient constamment honorables et dignes; quand même vous seriez dans le pays des barbares du midi et du nord, votre conduite sera exemplaire. Mais, si vos paroles ne sont pas sincères et fidèles, vos actions constamment honorables et dignes, quand même vous seriez dans une cité de deux mille familles, ou dans un hameau de vingt-cinq, que penserait-on de votre conduite?

Lorsque vous êtes en repos, ayez toujours ces maximes sous les yeux; lorsque vous voyagez sur un char, voyez-les inscrites sur le joug de votre attelage. De cette manière, votre conduite sera exemplaire.