COMPOSÉ DE 14 ARTICLES.

1. Ki-chi était sur le point d'aller combattre Tchouan-yu[37].

Jan-yeou et Ki-lou, qui étaient près de KHOUNG-TSEU, lui dirent: Ki-chi se prépare à avoir un démêlé avec Tchouan-yu.

Le Philosophe dit: Khieou (Jan-tjeou)! n'est-ce pas votre faute?

Ce Tchouan-yu reçut autrefois des anciens rois la souveraineté sur Thoung-moung[38].

En outre, il rentre par une partie de ses confins dans le territoire de l'État (de Lou). Il est le vassal des esprits de la terre et des grains [c'est un État vassal du prince de Lou]. Comment aurait-il à subir une invasion?

Jan-yeou dit: Notre maître le désire. Nous deux, ses ministres, nous ne le désirons pas.

KHOUNG-TSEU dit: Khieou! [l'ancien et illustre historien] Tcheou-jin a dit: «Tant que vos forces vous servent, remplissez votre devoir; si vous ne pouvez pas le remplir, cessez vos fonctions. Si un homme en danger n'est pas secouru; si, lorsqu'on le voit tomber, on ne le soutient pas, alors à quoi servent ceux qui sont là pour l'assister?»

Il suit de là que vos paroles sont fautives. Si le tigre ou le buffle s'échappent de l'enclos où ils sont renfermés; si la tortue à la pierre précieuse s'échappe du coffre où elle était gardée, à qui en est la faute?

Jan-yeou dit: Maintenant, ce pays de Tchouan-yu est fortifié, et se rapproche beaucoup de Pi [ville appartenant en propre à Ki-chi]. Si maintenant on ne s'en empare pas, il deviendra nécessairement, dans les générations à venir, une source d'inquiétudes et de troubles pour nos fils et nos petits-fils.