L'amour de l'humanité, sans l'amour de l'étude, a pour défaut l'ignorance ou la stupidité; l'amour de la science, sans l'amour de l'étude, a pour défaut l'incertitude ou la perplexité; l'amour de la sincérité et de la fidélité, sans l'amour de l'étude, a pour défaut la duperie; l'amour de la droiture, sans l'amour de l'étude, a pour défaut une témérité inconsidérée; l'amour du courage viril, sans l'amour de l'étude, a pour défaut l'insubordination; l'amour de la fermeté et de la persévérance, sans l'amour de l'étude, a pour défaut la démence ou l'attachement à une idée fixe.

9. Le Philosophe dit: Mes chers disciples, pourquoi n'étudiez-vous pas le Livre des Vers?

Le Livre des Vers est propre à élever les sentiments et les idées;

Il est propre à former le jugement par la contemplation des choses;

Il est propre à réunir les hommes dans une mutuelle harmonie;

Il est propre à exciter des regrets sans ressentiments.

[On y trouve enseigné] que lorsqu'on est près de ses parents, on doit les servir, et que lorsqu'on en est éloigné, on doit servir le prince.

On s'y instruit très au long des noms d'arbres, de plantes, de bêtes sauvages et d'oiseaux.

10. Le Philosophe interpella Pé-yu (son fils), en disant: Vous exercez-vous dans l'étude du Tcheou-nan et du Tchao-nan [les deux premiers chapitres du Livre des Vers]? Les hommes qui n'étudient pas le Tcheou-nan et le Tchao-nan sont comme s'ils se tenaient debout le visage tourné vers la muraille.

11. Le Philosophe dit: On cite à chaque instant les Rites! les Rites! Les pierres précieuses et les habits de cérémonies ne sont-ils pas pour vous tout ce qui constitue les rites? On cite à chaque instant la Musique! la Musique! Les clochettes et les tambours ne sont-ils pas pour vous tout ce qui constitue la musique?