20. Tseu-koung dit: La perversité de Cheou-(sin) ne fut pas aussi extrême qu'on l'a rapporté. C'est pour cela que l'homme supérieur doit avoir en horreur de demeurer dans des lieux immondes; tous les vices et les crimes possibles lui seraient imputés.
21. Tseu-koung dit: Les erreurs de l'homme supérieur sont comme des éclipses du soleil et de la lune. S'il commet des fautes, tous les hommes les voient; s'il se corrige, tous les hommes le contemplent.
22. Kong-sun-tchao, grand de l'État de Weï, questionna Tseu-koung en ces termes: A quoi ont servi les études de Tchoung-ni [KHOUNG-TSEU]?
Tseu-koung dit: Les doctrines des [anciens rois] Wen et Wou ne se sont pas perdues sur la terre; elles se sont maintenues parmi les hommes. Les sages ont conservé dans leur mémoire leurs grands préceptes de conduite; et ceux qui étaient avancés dans la sagesse ont conservé dans leur mémoire les préceptes de morale moins importants qu'ils avaient laissés au monde. Il n'est rien qui ne se soit conservé des préceptes et des doctrines salutaires de Wen et de Wou. Comment le maître ne les aurait-il pas étudiés? et même comment n'aurait-il eu qu'un seul et unique précepteur?
23. Chou-sun, du rang de Wou-chou [grand de l'État de Lou], s'entretenant avec d'autres dignitaires du premier ordre à la cour du prince, dit: Tseu-koung est bien supérieur en sagesse à Tchoung-ni.
Tseu-fou, du rang de King-pe [grand dignitaire de l'État de Lou], en informa Tseu-koung. Tseu-koung dit: Pour me servir de la comparaison d'un palais et de ses murs, moi Sse, je ne suis qu'un mur qui atteint à peine aux épaules; mais, si vous considérez attentivement tout l'édifice, vous le trouverez admirable.
Les murs de l'édifice de mon maître sont très-élevés. Si vous ne parvenez pas à en franchir la porte, vous ne pourrez contempler toute la beauté du temple des ancêtres, ni les richesses de toutes les magistratures de l'État.
Ceux qui parviennent à franchir cette porte sont quelques rares personnes. Les propos de mon supérieur [Wou-chou, relativement à KHOUNG-TSEU et à lui] ne sont-ils pas parfaitement analogues?
24. Chou-sun Wou-chou ayant de nouveau rabaissé le mérite de Tchoung-ni, Tseu-koung dit: N'agissez pas ainsi; Tchoung-ni ne doit pas être calomnié. La sagesse des autres hommes est une colline ou un monticule que l'on peut franchir; Tchoung-ni est le soleil et la lune, qui ne peuvent pas être atteints et dépassés. Quand même les hommes [qui aiment l'obscurité] désireraient se séparer complétement de ces astres resplendissants, quelle injure feraient-ils au soleil et à la lune? Vous voyez trop bien maintenant que vous ne connaissez pas la mesure des choses.
25. Tching-tseu-king (disciple de KHOUNG-TSEU), s'adressant à Tseu-koung, dit: Vous avez une constance grave et digne; en quoi Tchoung-ni est-il plus sage que vous?