MENG-TSEU dit: J'ai eu raison dans tous les cas.
Quand j'étais dans le royaume de Soung, j'allais entreprendre un grand voyage; celui qui entreprend un voyage a besoin d'avoir avec lui des présents de voyage. Le roi me parla en ces termes: «Je vous offre les présents de l'hospitalité.» Pourquoi ne les aurais-je pas acceptés?
Lorsque j'étais dans le royaume de Sie, j'avais l'intention de prendre des sûretés contre tout fâcheux événement. Le roi me parla en ces termes: «J'ai appris que vous vouliez prendre des sûretés pour continuer votre voyage; c'est pourquoi je vous offre cela pour vous procurer des armes.» Pourquoi n'aurais-je pas accepté?
Quant au royaume de Thsi, il n'y avait pas lieu [de m'offrir et d'accepter les présents du roi]. S'il n'y avait pas lieu de m'offrir ces présents, je les aurais donc reçus comme don pécuniaire. Comment existerait-il un homme supérieur capable de se laisser prendre à des dons pécuniaires?
4. Lorsque MENG-TSEU se rendit à la ville de Phing-lo, il s'adressa à l'un des premiers fonctionnaires de la ville, et lui dit: Si l'un de vos soldats porteurs de lance abandonne trois fois son poste en un jour, l'expédierez-vous ou non? Il répondit: Je n'attendrais pas la troisième fois pour l'expédier.
[MENG-TSEU ajouta]: S'il en est ainsi, alors vous-même vous avez abandonné votre poste, et cela un grand nombre de fois. Dans les années calamiteuses, dans les années de stérilité et de famine, les vieillards et les infirmes du peuple dont vous devez avoir soin, qui se sont précipités dans les fossés pleins d'eau et dans les mares des vallées; les jeunes gens forts et robustes qui se sont dispersés et se sont rendus dans les quatre parties de l'empire [pour y chercher leur nourriture], sont au nombre de plusieurs milliers.
[Le magistrat] répondit: Il ne dépend pas de moi Kiu-sin que cela ne soit ainsi.
[MENG-TSEU] poursuivit: Maintenant, je vous dirai que s'il se trouve un homme qui reçoive d'un autre des bœufs et des moutons pour en être le gardien et les faire paître à sa place, alors il lui demandera nécessairement des pâturages et de l'herbe pour les nourrir. Si, après lui avoir demandé des pâturages et des herbes pour nourrir son troupeau, il ne les obtient pas, alors pensez-vous qu'il ne le rendra pas à l'homme qui le lui a confié, ou qu'au contraire il se tiendra là immobile en le regardant mourir?
[Le magistrat] répondit: Pour cela, c'est la faute de moi Kiu-sin.
Un autre jour, MENG-TSEU étant allé voir le roi, il lui dit: De tous ceux qui administrent les villes au nom du roi, votre serviteur en connaît cinq; et parmi ces cinq il n'y a que Khoung-kiu-sin qui reconnaisse ses fautes. Lorsqu'il les eut racontées au roi, le roi dit: Quant à ces calamités, c'est moi qui en suis coupable.