Les anciens confiaient leurs fils à d'autres pour les instruire et faire leur éducation.

Entre le père et le fils, il ne convient pas d'user de corrections pour faire le bien. Si le père use de corrections pour porter son fils à faire le bien, alors l'un et l'autre sont bientôt désunis de cœur et d'affections. Si une fois ils sont désunis de cœur et d'affections, il ne peut point leur arriver de malheurs plus grands.

19. MENG-TSEU dit: Parmi les devoirs que l'on rend à ceux qui sont au-dessus de soi[18], quel est le plus grand? C'est celui de servir ses père et mère qui est le plus grand. De tout ce que l'on conserve et protège dans le monde, qu'y a-t-il de plus important? C'est de se conserver soi-même [dans la droite voie] qui est le plus important. J'ai toujours entendu dire que ceux qui ne se laissaient pas égarer dans le chemin de la perdition pouvaient servir leurs parents; mais je n'ai jamais entendu dire que ceux qui se laissaient égarer dans le chemin de la perdition pussent servir leurs parents.

Quel est celui qui est exempt de servir quelqu'un [ou qui est exempt de devoir]? Les devoirs que l'on doit à ses parents forment la base fondamentale de tous les devoirs. Quel est celui qui est exempt des actes de conservation? La conservation de soi-même [dans la droite voie] est la base fondamentale de toute conservation.

Lorsque Thsêng-tseu nourrissait [son père] Thsêng-si, il avait toujours soin de lui servir de la viande et du vin à ses repas. Quand on était sur le point d'enlever les mets, il demandait toujours à qui il pouvait en offrir. S'informait-on s'il y avait des mets de reste, il répondait toujours qu'il y en avait.

Après la mort de Thsêng-si, lorsque Thsêng-youan nourrissait [son père] Thsêng-tseu, il avait toujours soin de lui servir de la viande et du vin à ses repas. Quand on était sur le point d'enlever les mets, il ne demandait pas à qui il pouvait en offrir. S'informait-on s'il y avait des mets de reste, il répondait qu'il n'y en avait pas. Il voulait les faire servir de nouveau [à son père]. Voilà ce que l'on appelle nourrir la bouche et le corps, et rien de plus. Si quelqu'un agit comme Thsêng-tseu, on peut dire de lui qu'il nourrit la volonté, l'intelligence, [qu'il agit convenablement envers ses parents].

Il est permis de servir ses parents comme Thsêng-tseu.

20. MENG-TSEU dit: Tous les hommes ne sont pas propres à réprimander les princes; tous les modes d'administration ne sont pas susceptibles d'être blâmés. Il n'y a que les grands hommes qui puissent réprimer les vices du cœur des princes. Si le prince est humain, rien dans son gouvernement n'est inhumain. Si le prince est juste, rien dans son gouvernement n'est injuste. Si le prince est droit, rien dans son gouvernement qui ne soit droit. Une fois que le prince se sera fait un devoir d'avoir une conduite constamment droite, le royaume sera tranquille et stable.

21. MENG-TSEU dit: Il y a des hommes qui sont loués contre toute attente; il y a des hommes qui sont poursuivis de calomnies, lorsqu'ils ne recherchent que l'intégrité de la vertu.

22. MENG-TSEU dit: Il y a des hommes qui sont d'une grande facilité dans leurs paroles, parce qu'ils n'ont trouvé personne pour les reprendre.