Si vous écoutez attentivement les paroles d'un homme, si vous considérez la pupille de ses yeux, comment pourrait-il se cacher à vous?
16. MENG-TSEU dit: Celui qui est affable et bienveillant ne méprise pas les hommes; celui qui est modéré dans ses exigences ne dépouille pas de force les hommes de ce qu'ils possèdent. Les princes qui méprisent et dépouillent les hommes de ce qu'ils possèdent, et qui n'ont qu'une crainte, celle de ne pas être obéis, comment pourraient-ils être appelés affables et modérés dans leurs exigences? L'affabilité et la modération pourraient-elles consister dans le son de la voix et l'expression riante du visage?
17. Chun-yu-khouen[17] dit: N'est-il Pas conforme aux rites que les hommes et les femmes ne se donnent et ne reçoivent réciproquement de leurs propres mains aucun objet?
MENG-TSEU répondit: C'est conforme aux rites.
—Si la femme de son frère était en danger de se noyer, pourrait-on la secourir avec la main?
—Ce serait l'action d'un loup de ne pas secourir la femme de son frère qui serait eu danger de se noyer. Il est conforme aux rites que l'homme et la femme ne se donnent et ne reçoivent réciproquement de leurs propres mains aucun objet. L'action de secourir avec la main la femme de son frère en danger de se noyer est une exception conforme à la raison.
Maintenant je suppose que l'empire soit sur le point d'être submergé [ou de périr dans les agitations des troubles civils]: que penser du magistrat qui ne s'empresse pas de le secourir?
L'empire sur le point d'être submergé doit être secouru selon les règles de l'humanité et de la justice. La femme de son frère étant en danger de se noyer peut être secourue avec la main. Voudriez-vous que je secourusse l'empire avec ma main?
18. Koung-sun-tcheou dit: Pourquoi un homme supérieur n'instruit-il pas lui-même ses enfants?
MENG-TSEU dit: Parce qu'il ne peut pas employer les corrections. Celui qui enseigne doit le faire selon les règles de la droiture. Si [l'enfant] n'agit pas selon les règles de la droiture, [le père] se fâche; s'il se fâche, il s'irrite; alors il blesse les sentiments de tendresse qu'un fils doit avoir pour son père. «Mon maître [dit le fils en parlant de son père] devrait m'instruire selon les règles de la droiture; mais il ne s'est jamais guidé par les règles de cette droiture.» Dans cet état de choses, le père et le fils se blessent mutuellement. Si le père et le fils se blessent mutuellement, alors il en résulte un grand mal.