25. MENG-TSEU continuant à s'adresser à Lo-tching-tseu, lui dit: Vous êtes venu, en accompagnant Tseu-ngao, dans le seul but de boire et de manger. Je ne pensais pas qu'autrefois vous étudiiez les principes d'humanité et de justice des anciens dans le seul but de boire et de manger!
26. MENG-TSEU dit: Le manque de piété filiale est un triple défaut; le manque de postérité est le plus grand des défauts.
Chun se maria sans en prévenir son père et sa mère, dans la crainte de ne pas laisser de postérité. Les hommes supérieurs ont pensé qu'en agissant dans cette intention, c'est comme s'il avait prévenu son père et sa mère.
27. MENG-TSEU dit: Le fruit le plus précieux de l'humanité, c'est de servir ses parents. Le fruit le plus précieux de l'équité, c'est de déférer aux avis de son frère aîné.
Le fruit le plus précieux de la prudence ou de la sagesse, c'est de connaître ces deux choses et de ne pas s'en écarter. Le fruit le plus précieux de l'urbanité est de remplir ces deux devoirs avec complaisance et délicatesse.
Le fruit le plus précieux de la musique [qui produit la concorde et l'harmonie] est d'aimer ces deux choses. Si on les aime, elles naissent aussitôt. Une fois nées, produites, comment pourrait-on réprimer les sentiments qu'elles inspirent? Ne pouvant réprimer les sentiments que ces vertus inspirent, alors, sans le savoir, les pieds les manifestent par leurs mouvements cadencés, et les mains par leurs applaudissements.
28. MENG-TSEU dit: Il n'y avait que Chun qui pût voir, sans plus d'orgueil que si c'eût été un brin d'herbe, un empire désirer ardemment se soumettre à sa domination, et cet empire être plein de joie de sa soumission. Pour lui, ne pas rendre heureux et contents ses parents, c'était ne pas être homme; ne pas leur obéir en tout, c'était ne pas être fils.
Lorsque Chun eut accompli ses devoirs de fils envers ses parents, son père Kou-seou parvint au comble de la joie. Lorsque Kou-seou fut parvenu au comble de la joie, l'empire fut converti à la piété filiale. Lorsque Kou-seou fut parvenu au comble de la joie, tous ceux qui dans l'empire étaient pères ou fils virent leurs devoirs fixés. C'est ce que l'on appelle la grande piété filiale.
[1] Li-leou, homme qui vivait du temps de Hoang-ti, et fameux par sa vue excessivement perçante. (Commentaire.)
[2] Son petit nom était Pan, homme du royaume de Lou, dont l'intelligence et le génie étaient extrêmes. (Commentaire.) Un autre commentateur chinois ajoute que cet homme avait construit pour sa mère un homme en bois qui remplissait les fonctions de cocher, de façon qu'une fois le ressort étant lâché, aussitôt le char était emporté rapidement comme par un mouvement qui lui était propre.