19. MENG-TSEU dit: Ce en quoi les hommes diffèrent des bêtes brutes est une chose bien peu considérable[6]; la foule vulgaire la perd bientôt; les hommes supérieurs la conservent soigneusement.
Chun avait une grande pénétration pour découvrir la raison des choses; il scrutait à fond les devoirs des hommes entre eux. Il agissait selon l'humanité et la justice, sans avoir pour but de pratiquer l'humanité et la justice.
20. MENG-TSEU dit: Yu détestait le vin recherché; mais il aimait beaucoup les paroles qui inspiraient la vertu.
[Tching]-thang tenait constamment le milieu; il établissait les sages [il leur donnait des magistratures], sans acception de lieu et de personne.
Wen-wang considérait le peuple comme un blessé [qui a besoin de beaucoup de soin]; il s'attachait à contempler la droite voie comme s'il ne l'avait jamais vue.
Wen-wang ne méprisait point les hommes et les choses présentes; il n'oubliait pas les hommes et les choses éloignées[7].
Tcheou-koung pensait à réunir dans sa personne [en les imitant] les rois [les plus célèbres] des trois dynasties[8], en pratiquant les quatre principales choses qu'ils avaient pratiquées. Si entre ces choses il s'en trouvait une qui ne convînt plus au temps où il vivait, il y réfléchissait attentivement jour et nuit. Lorsqu'il avait été assez heureux pour trouver la raison de l'inconvenance et de l'inopportunité de cette chose, il s'asseyait pour attendre l'apparition du jour.
21. MENG-TSEU dit: Les vestiges de ceux qui avaient exercé le pouvoir souverain ayant disparu, les vers qui les célébraient périrent. Les vers ayant péri, le livre intitulé le Printemps et l'Automne[9] fut composé [pour les remplacer].
Le livre intitulé Ching [quadrige], du royaume de Tçin; le livre intitulé Thao-wo, du royaume de Thsou; le livre intitulé Tchun-thsieou, du royaume de Lou, ne font qu'un.
Les actions qui sont célébrées dans ce dernier ouvrage sont celles de princes comme Houan, kong du royaume de Thsi; Wen, kong du royaume de Tçin. Le style qui y est employé est historique. KHOUNG-TSEU disait [en parlant de son ouvrage]: «Les choses qui y sont rapportées m'ont paru équitables et justes; c'est ce qui me les a fait recueillir.»