22. MENG-TSEU dit: Les bienfaits d'un sage qui a rempli des fonctions publiques s'évanouissent après cinq générations; les bienfaits d'un sage qui n'a pas rempli de fonctions publiques s'évanouissent également après cinq générations.
Moi, je n'ai pas pu être un disciple de KHOUNG-TSEU; mais j'ai recueilli de mon mieux ses préceptes de vertu des hommes [qui ont été les disciples de Tseu-sse].
23. MENG-TSEU dit: Lorsqu'une chose parait devoir être acceptée, et qu'après un plus mûr examen elle ne paraît pas devoir l'être, si on l'accepte, on blesse le sentiment de la convenance. Lorsqu'une chose paraît devoir être donnée, et qu'après un plus mûr examen elle ne parait pas devoir l'être, si on la donne, on blesse le sentiment de la bienfaisance. Lorsque le temps paraît être venu où l'on peut mourir, et qu'après une réflexion plus mûre il ne parait plus convenir de mourir, si l'on se donne la mort, on outrage l'élément de force et de vie que l'on possède.
24. Lorsque Pheng-meng, apprenant de Y[10] à lancer des flèches, eut épuisé toute sa science, il crut que Y était le seul dans l'empire qui le surpassait dans cet art, et il le tua.
MENG-TSEU dit: Ce Y était aussi un criminel. Koung-ming-i disait: «Il paraît ne pas avoir été criminel;» c'est-à-dire qu'il était moins criminel que Pheng-meng. Comment n'aurait-il pas été criminel?
Les habitants du royaume de Tching ayant envoyé Tseu-cho-jou-tseu pour attaquer le royaume de Weï, ceux de Weï envoyèrent Yu-koung-tchi-sse pour le poursuivre. Tseu-cho-jou-tseu dit: Aujourd'hui je me trouve mal; je ne puis pas tenir mon arc; je me meurs. Interrogeant ensuite celui qui conduisait son char, il lui demanda quel était l'homme qui le poursuivait. Son cocher lui répondit: C'est Yu-koung-tchi-sse.
—Alors j'ai la vie sauve.
Le cocher reprit: Yu-koung-tchi-sse est le plus habile archer du royaume de Weï. Maître, pourquoi avez-vous dit que vous aviez la vie sauve?
—Yu-koung-tchi-sse apprit l'art de tirer de l'arc de Yin-koung-tchi-ta. Yin-koung-tchi-ta apprit de moi l'art de tirer de l'arc. Yin-koung-tchi-ta est un homme à principes droits. Celui qu'il a pris pour ami est certainement aussi un homme à principes droits.
Yu-koung-tchi-sse l'ayant atteint, lui dit: Maître, pourquoi ne tenez-vous pas votre arc en main?