[21] Homme d'une sagesse reconnue, et premier magistrat du royaume de Weï.
[22] Il était le favori du roi de Weï.
[23] Sage du royaume de Yu.
CHAPITRE IV,
COMPOSÉ DE 9 ARTICLES.
1. MENG-TSEU dit: Les yeux de Pe-i ne regardaient point les formes ou les objets qui portaient au mal; ses oreilles n'entendaient point les sons qui portaient au mal. Si son prince n'était pas digne de l'être[1], il ne le servait pas; si le peuple [qu'on lui confiait] n'était pas digne d'être gouverné, il ne le gouvernait pas. Quand les lois avaient leur cours, alors il acceptait des fonctions publiques; quand l'anarchie régnait, alors il se retirait dans la solitude. Là où une administration perverse s'exerçait, là où un peuple pervers habitait, il ne pouvait pas supporter de demeurer. Il pensait, en habitant avec les hommes des villages, que c'était comme s'il se fût assis dans la boue ou sur de noirs charbons avec sa robe de cour et son bonnet de cérémonies.
A l'époque du tyran Cheou-(sin), il habitait sur les bords de la mer septentrionale, en attendant la purification de l'empire. C'est pourquoi ceux qui par la suite ont entendu parler des mœurs de Pe-i, s'ils étaient ignorants et stupides, sont [par son exemple] devenus judicieux, et, s'ils étaient d'un caractère faible, ont acquis une intelligence ferme et persévérante.
Y-yin disait: Qui servirez-vous, si ce n'est le prince? Qui gouvernerez-vous, si ce n'est le peuple?
Quand les lois avaient leur cours, il acceptait des fonctions publiques; quand l'anarchie régnait, il acceptait également des fonctions publiques.