Mais si au contraire, en entrant sur le territoire des princes régnants qu'il visitait, il trouvait la terre inculte et couverte de broussailles; si ces princes négligeaient les vieillards, dédaignaient les sages; si des exacteurs et des hommes sans probité occupaient les emplois publics; alors il châtiait ces princes.
Si ces princes manquaient une seule fois de rendre leur visite d'hommage et de comptes-rendus à l'empereur, alors celui-ci les faisait descendre d'un degré de leur dignité. S'ils manquaient deux fois de rendre leur visite d'hommage à l'empereur, alors celui-ci diminuait leur territoire. S'ils manquaient trois fois de faire leur visite d'hommage à l'empereur, alors six corps de troupes de l'empereur allaient les changer.
C'est pourquoi le fils du Ciel punit ou châtie les différents princes régnants sans les combattre par les armes; les différents princes régnants combattent par les armes, sans avoir par eux-mêmes l'autorité de punir ou de châtier un rebelle. Les cinq princes chefs de grands vassaux se liguèrent avec un certain nombre de princes régnants pour combattre les autres princes régnants. C'est pourquoi je disais que les cinq chefs des grands vassaux furent coupables envers les trois souverains.
De ces chefs de grands vassaux c'est Houan-koung qui fut le plus puissant. Ayant convoqué à Koueï-khieou les différents princes régnants [pour former une alliance entre eux], il attacha la victime au lieu du sacrifice, plaça sur elle le livre [qui contenait les différents statuts du pacte fédéral], sans toutefois passer sur les lèvres des fédérés du sang de la victime.
La première obligation était ainsi conçue: «Faites mourir les enfants qui manqueront de piété filiale; n'ôtez pas l'hérédité au fils légitime pour la donner à un autre; ne faites pas une épouse de votre concubine.»
La seconde obligation était ainsi conçue: «Honorez les sages [en les élevant aux emplois et aux dignités]; donnez des traitements aux hommes de talent et de génie; produisez au grand jour les hommes vertueux.»
La troisième obligation était ainsi conçue: «Respectez les vieillards; chérissez les petits enfants; n'oubliez pas de donner l'hospitalité aux hôtes et aux voyageurs.»
La quatrième obligation était ainsi conçue: «Que les lettrés n'aient pas de charges ou magistratures héréditaire; que les devoirs de différentes fonctions publiques ne soient pas remplis par la même personne[19]. En choisissant un lettré pour lui confier un emploi public, vous devez préférer celui qui a le plus de mérites; ne faites pas mourir de votre autorité privée les premiers administrateurs des villes.»
La cinquième obligation était ainsi conçue: «N'élevez pas des monticules de terre dans les coins de vos champs; n'empêchez pas la vente des fruits de la terre; ne conférez pas une principauté à quelqu'un sans l'autorisation de l'empereur.»
Houan-koung dit: «Vous tous qui avec moi venez de vous lier par un traité, ce traité étant sanctionné par vous, emportez chacun chez vous des sentiments de concorde et de bonne harmonie.»