37. MENG-TSEU dit: Si le prince entretient un sage sans avoir de l'affection pour lui, il le traite comme il traite ses pourceaux. S'il a de l'affection pour lui sans lui témoigner le respect qu'il mérite, il l'entretient comme ses propres troupeaux.

Des sentiments de vénération et de respect doivent être témoignés [au sage par le prince] avant de lui offrir des présents.

Si les sentiments de vénération et de respect que le prince lui témoigne n'ont point de réalité, le sage ne peut être retenu près de lui par de vaines démonstrations.

38. MENG-TSEU dit: Les diverses parties saillantes du corps[31] et les sens[32] constituent les facultés de notre nature que nous avons reçues du ciel[33]. Il n'y a que les saints hommes [ou ceux qui parviennent à la perfection] qui puissent donner à ces facultés de notre nature leur complet développement.

39. Siouan-wang, roi de Thsi, voulait abréger son temps de deuil. Koung-sun-tcheou lui dit: N'est-il pas encore préférable de porter le deuil pendant une année que de s'en abstenir complètement?

MENG-TSEU dit: C'est comme si vous disiez à quelqu'un qui tordrait le bras de son frère aîné: «Pas si vite, pas si vite!» Enseignez-lui la piété filiale, la déférence fraternelle, et bornez-vous à cela.

Le fils du roi étant venu à perdre sa mère, son précepteur sollicita pour lui [de son père] la permission de porter le deuil pendant quelques mois.

Koung-sun-tcheou dit: Pourquoi pendant quelques mois seulement?

MENG-TSEU dit: Le jeune homme avait désiré porter le deuil pendant les trois années prescrites, mais il n'en avait pas obtenu l'autorisation de son père. Quand même il n'aurait obtenu de porter le deuil qu'un jour, c'était encore préférable pour lui à s'abstenir complètement de le porter.

40. MENG-TSEU dit: Les enseignements de l'homme supérieur sont au nombre de cinq.