Il est des hommes qu'il convertit au bien de la même manière que la pluie qui tombe en temps convenable fait croître les fruits de la terre.

Il en est dont il perfectionne la vertu; il en est dont il développe les facultés naturelles et les lumières.

Il en est qu'il éclaire par les réponses qu'il fait à leurs questions.

Il en est enfin qui se convertissent d'eux-mêmes au bien et se rendent meilleurs [entraînés qu'ils sont par son exemple].

Voilà les cinq manières dont l'homme supérieur instruit les hommes.

41. Koung-sun-tcheou dit: Que ces voies [du sage] sont hautes et sublimes! qu'elles sont admirables et dignes d'éloges! La difficulté de les mettre en pratique me parait aussi grande que celle d'un homme qui voudrait monter au ciel sans pouvoir y parvenir. Pourquoi ne rendez-vous pas ces voies faciles, afin que ceux qui veulent les suivre puissent les atteindre, et que chaque jour ils fassent de nouveaux efforts pour en approcher?

MENG-TSEU dit: Le charpentier habile ne change ni ne quitte son aplomb et son cordeau à cause d'un ouvrier incapable. Y, l'habile archer, ne changeait pas la manière de tendre son arc à cause d'un archer sans adresse.

L'homme supérieur apporte son arc, mais il ne tire pas. Les principes de la vertu brillent soudain aux yeux de ceux qui la cherchent [comme un trait de flèche]. Le sage se tient dans la voie moyenne [entre les choses difficiles et les choses faciles][34]; que ceux qui le peuvent le suivent.

42. MENG-TSEU dit: Si dans un empire règnent les principes de la raison, le sage accommode sa personne à ces principes; si dans un empire ne règnent pas les principes de la raison [s'il est dans le trouble et l'anarchie][35], le sage accommode les principes de la raison au salut de sa personne.

Mais je n'ai jamais entendu dire que le sage ait accomodé les principes de la raison ou les ait fait plier aux caprices et aux passions des hommes!