MENG-TSEU dit: Hoeï-wang de Liang ayant voulu livrer une bataille pour cause d'agrandissement de territoire, fut battu complètement, et laissa les cadavres de ses soldats pourrir sur le champ du combat sans leur faire donner la sépulture. Il aurait bien voulu recommencer de nouveau, mais il craignit de ne pouvoir vaincre lui-même. C'est pourquoi il poussa son fils, qu'il aimait, à sa perte fatale[2] en l'excitant à le venger. C'est ce que j'appelle arriver par ceux que l'on n'aime pas à ne pas aimer ceux que l'on aimait.

2. MENG-TSEU dit: Dans le livre intitulé le Printemps et l'Automne[3], on ne trouve aucune guerre juste et équitable. Il en est cependant qui ont une apparence de droit et de justice; mais on ne doit pas moins les considérer comme injustes.

Les actes de redressement[4] sont des actes par lesquels un supérieur déclare la guerre à ses inférieurs pour redresser leurs torts. Les royaumes qui sont égaux entre eux ne se redressent point ainsi mutuellement.

3. MENG-TSEU dit: Si l'on ajoute une foi entière, absolue, aux livres [historiques], alors on n'est pas dans une condition aussi avantageuse que si l'on manquait de ces livres.

Moi, dans le chapitre du Chou-king intitulé Wou-tching[5], je ne prends que deux ou trois articles, et rien de plus.

L'homme humain n'a point d'ennemi dans l'empire[6].

Comment donc, lorsqu'un homme souverainement humain [comme Wou-wang] en attaque un souverainement inhumain [comme Cheou-sin], y aurait-il un si grand carnage que les boucliers de bois flotteraient dans le sang[7]?

4. MENG-TSEU dit: S'il y a un homme qui dise: «Je sais parfaitement ordonner et diriger une armée; je sais parfaitement livrer une bataille:» cet homme est un grand coupable.

Si le prince qui gouverne un royaume aime l'humanité, il n'aura aucun ennemi dans l'empire.

Lorsque Tching-thang rappelait à leurs devoirs les habitants des régions méridionales, les barbares des régions septentrionales se plaignaient [d'être négligés par lui]; lorsqu'il rappelait à leurs devoirs les habitants des régions orientales, les barbares des régions occidentales se plaignaient en disant: Pourquoi nous réserve-t-il pour les derniers?