8. KHOUNG-TSEU dit: Si l'homme supérieur n'a point de gravité dans sa conduite, il n'inspirera point de respect; et s'il étudie, ses connaissances ne seront pas solides. Observez constamment la sincérité et la fidélité ou la bonne foi; ne contractez pas des liaisons d'amitié avec des personnes inférieures à vous-mêmes moralement ou pour les connaissances; si vous commettez quelques fautes, ne craignez pas de vous corriger.
9. Tcheng-tseu dit: Il faut être attentif à accomplir dans toutes leurs parties les rites funéraires envers ses parents décédés, et offrir les sacrifices prescrits; alors le peuple, qui se trouve dans une condition inférieure, frappé de cet exemple, retournera à la pratique de cette vertu salutaire.
10. Tseu-kin interrogea Tseu-koung, en disant: Quand le philosophe votre maître est venu dans ce royaume, obligé d'étudier son gouvernement, a-t-il lui-même demandé des informations, ou, au contraire, est-on venu les lui donner? Tseu-koung répondit: Notre maître est bienveillant, droit, respectueux, modeste et condescendant; ces qualités lui ont suffi pour obtenir toutes les informations qu'il a pu désirer. La manière de prendre des informations de notre maître ne diffère-t-elle pas de celle de tous les autres hommes?
11. KHOUNG-TSEU dit: Pendant le vivant de votre père, observez avec soin sa volonté; après sa mort, ayez toujours les yeux fixés sur ses actions; pendant les trois années qui suivent la mort de son père, le fils qui, dans ses actions, ne s'écarte point de sa conduite, peut être appelé doué de piété filiale.
12. Yeou-tseu dit: Dans la pratique usuelle de la politesse [ou de cette éducation distinguée qui est la loi du ciel][3], la déférence ou la condescendance envers les autres doit être placée au premier rang. C'était la règle de conduite des anciens rois, dont ils tirent un si grand éclat; tout ce qu'ils firent, les grandes comme les petites choses, en dérivent. Mais il est cependant une condescendance que l'on ne doit pas avoir quand on sait que ce n'est que de la condescendance; n'étant pas de l'essence même de la véritable politesse, il ne faut pas la pratiquer.
13. Yeou-tseu dit: Celui qui ne promet que ce qui est conforme à la justice peut tenir sa parole; celui dont la crainte et le respect sont conformes aux lois de la politesse éloigne de lui la honte et le déshonneur. Par la même raison, si l'on ne perd pas en même temps les personnes avec lesquelles on est uni par des liens étroits de parenté, on peut devenir un chef de famille.
14. KHOUNG-TSEU dit: L'homme supérieur, quand il est à table, ne cherche pas à assouvir son appétit; lorsqu'il est dans sa maison, il ne cherche pas les jouissances de l'oisiveté et de la mollesse; il est attentif à ses devoirs et vigilant dans ses paroles; il aime à fréquenter ceux qui ont des principes droits, afin de régler sur eux sa conduite. Un tel homme peut être appelé philosophe, ou qui se plaît dans l'étude de la sagesse[4].
15. Tseu-koung dit: Comment trouvez-vous l'homme pauvre qui ne s'avilit point par une adulation servile; l'homme riche qui ne s'enorgueillit point de sa richesse?
KHOUNG-TSEU dit: Un homme peut encore être estimable sans leur ressembler; mais ce dernier ne sera jamais comparable à l'homme qui trouve du contentement dans sa pauvreté, ou qui, étant riche, se plaît néanmoins dans la pratique des vertus sociales.
Tchou-koung dit: On lit dans le Livre des Vers[5]: