10. L'homme qui se plait dans les actions courageuses et viriles, s'il éprouve les privations et les souffrances de la misère, causera du trouble et du désordre; mais l'homme qui est dépourvu des vertus de l'humanité, les souffrances et les privations même lui manquant, causera beaucoup plus de troubles et de désordres.
11. Le Philosophe dit: Supposé qu'un homme soit doué de la beauté et des talents de Tcheou-koung, mais qu'il soit en même temps hautain et d'une avarice sordide, ce qui lui reste de ses qualités ne vaut pas la peine qu'on y fasse attention.
12. Le Philosophe dit: Il n'est pas facile de trouver une personne qui pendant trois années se livre constamment à l'étude [de la sagesse] sans avoir en vue les émoluments qu'elle peut en retirer.
13. Le Philosophe dit: Celui qui a une foi inébranlable dans la vérité, et qui aime l'étude avec passion, conserve jusqu'à la mort les principes de la vertu, qui en sont la conséquence.
Si un État se trouve en danger de révolution [par suite de son mauvais gouvernement], n'allez pas le visiter; un pays qui est livré au désordre ne peut pas y rester. Si un empire se trouve gouverné par les principes de la droiture et de la raison, allez le visiter; s'il n'est pas gouverné par les principes de la raison, restez ignorés dans la retraite et la solitude.
Si un État est gouverné par les principes de la raison, la pauvreté et la misère sont un sujet de honte; si un État n'est pas gouverné parles principes de la raison, la richesse et les honneurs sont alors les sujets de honte[40].
14. Le Philosophe dit: Si vous n'occupez pas des fonctions dans un gouvernement, ne donnez pas votre avis sur son administration.
15. Le Philosophe dit: Comme le chef de musique nommé Tchi, dans son chant qui commence par ces mots: Kouan-tsiu-tchi-louan, avait su charmer l'oreille par la grâce et la mélodie!
16. Le Philosophe dit: Être courageux et hardi sans droiture, hébété sans attention, inepte sans sincérité; je ne connais pas de tels caractères.
17. Le Philosophe dit: Étudiez toujours comme si vous ne pouviez jamais atteindre [au sommet de la science], comme si vous craigniez de perdre le fruit de vos études.