DE LA FLORE DU MASSIF CENTRAL SAHARIEN
OU
DE LA FLORE DU PAYS TARGUI
(Caractères généraux)


Nous avons vu précédemment que la flore des pays crétacico-tertiaires sud-constantinois, du Sahara arabe, flore de pays de vastes sables et d’immensités calcaires en général à faibles reliefs tabulaires, de pays géologiquement et morphologiquement plutôt monotones constituait une végétation dont la note dominante caractéristique était donnée par l’abondance des Salsolacées et était elle-même une flore monotone et peu variée.

La flore du Massif Central Saharien[58] au contraire est variée, diverse, et les Salsolacées n’en sont plus la note essentielle.

Elle est plus variée, en effet, d’aspect général déjà et pour l’œil d’un observateur non spécialement botanique car alors qu’en Sahara arabe la végétation se borne d’ordinaire à des buissons et à des touffes, ici, dans le Massif Central Saharien les arbres sont bien représentés et souvent fort beaux dans les lits d’oueds.

Ceci est un des caractères du pays des touareg, qui a frappé tous les explorateurs qui l’ont visité ; il a même prêté à des exagérations issues du contraste que l’on voulait marquer entre le Sahara que l’on venait de traverser et le pays où l’on arrivait.

Ce caractère tient à ce qu’en pays targui les oueds encaissés et humides sont nombreux, alors que dans les pays crétacico-tertiaires sud-constantinois c’est une rareté, limitée en général dans les régions que nous avons parcourues au Tademaït et au Tinghert (dont nous avons noté précédemment les quelques arbustes et arbres).

*
* *

Des arbres et arbustes du pays targui.

L’étude de ces arbres va à elle seule nous montrer le caractère varié de la flore ahaggarienne en même temps que le changement qui se produit dans la végétation quand l’on passe du Sahara arabe en pays targui.