1º Le Tourha (T) ou Kerenka (A) ou Calotropis procera Ait.[59].
C’est là un arbre qui frappe dès que l’on arrive en pays targui par ses feuilles d’un vert franc et grandes.
Je ne l’ai pas trouvé dans le Sahara arabe.
Je l’ai observé dès Tanout-Mellel (où un bel exemplaire est situé à quelques mètres du puits), dans le Tahihout, l’oued Tounourt, l’oued Khanget-el-Hadid et l’oued Tilia, etc.
On voit que sa limite Nord correspond à peu près à celle du pays targui, du Massif Central Saharien, vers le Nord.
Il est très répandu dans l’Ahaggar où on en voit de très beaux exemplaires qui atteignent une taille de 5 ou 6 mètres. Citons ceux de l’oued Iskaouen (dans les Tassilis internes), en particulier à Inémiragen, ceux du cirque intérieur du Tellerteba, ceux des ravins du massif du Tala-Malet qui débouchent dans l’oued Inouaouen, etc.
C’est un arbre qui ne croît que dans les lieux très humides ; il est un indice sûr qu’en creusant on trouvera de l’eau au maximum à 4 mètres de profondeur.
Il est très répandu au Soudan.
Voilà déjà une des caractéristiques de la flore targuia : on y trouve de nombreuses plantes actuellement, principalement répandues au Soudan et inconnues dans les pays crétacico-tertiaires sud-constantinois ;
2º Le Telôkat (T) ou Ficus eucalyptoïdes, Batt. et Trab. Voilà un arbre spécial à l’Ahaggar et il est fort beau. Lui aussi a des feuilles, de vraies feuilles, qui ressemblent à celles de l’Eucalyptus ; c’est une chose qu’on n’est pas accoutumé à voir en Sahara arabe où les quelques arbres que l’on trouve (je fais abstraction du Populus Euphratica, qui est localisé dans l’oued Mya), les Tamaricinées n’ont rien de comparable comme appareil foliaire.