Le capitaine Cortier a déjà signalé que l’oued Oahnet, dans la Hamada de Tinghert, finissait en daia fermée sans traverser le troisième kreb de la Hamada.

L’oued Igharghar s’arrêterait également à Tanezrouft sans traverser ce troisième kreb dit d’In-Eddi — et ne serait donc pas un cas unique.

Non loin de là, la dépression de l’oued El-Chiati également au bas de la Hamada El-Homra (le prolongement de la Hamada de Tinghert dans le Sud-Tripolitain) semble un cas analogue, car je n’en connais pas d’écoulement certain.

L’oued Ech Chergui, au Fezzan, semble également finir dans la sebkra de l’oasis Djedid sans écoulement superficiel.

Enfin, il y aurait là en l’espèce de la dépression ou du système de dépressions Sud-Tinghert un cas analogue comme formation à celui des dépressions d’Egypte dont on attribue le creusement aux mêmes agents. (La dépression de Beharieh en particulier présente un caractère de similitude très remarquable ; elle est creusée, suivant Beadnelle, par ces mêmes agents dans les mêmes formations tendres crétacées).

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Mais, jusqu’à maintenant on niait qu’il y ait dans le Sahara français des dépressions pour la formation desquelles la part de l’action du vent soit si considérable.

Le cas de la « dépression Sud-Tinghert » me semble obliger à ne pas être affirmatif et à admettre la possibilité du rôle essentiel de l’action du vent combinée à celle alternée des orages violents, de la gelée, de la sécheresse, de l’insolation et de la corrasion, dans la formation de grandes dépressions dans les sédiments crétacés du Sahara français sud-constantinois, en attendant que de nouvelles observations sur cette dépression nous fixent définitivement sur son origine.

On doit admettre que l’action du vent, jointe à celle des autres agents énumérés plus haut, n’est pas négligeable et contribue au moins à donner de l’ampleur aux effets de l’action des oueds.

Des troncs d’arbres silicifiés.