Quelle est la date à laquelle il faut faire remonter la constitution des amas de bois et de troncs d’arbres, depuis silicifiés, que l’on rencontre au Sahara ?

Flamand les place dans l’Albien.

Je m’élève contre cette affirmation.

Certains au moins des bois silicifiés du Sahara sont de date postérieure. J’ai trouvé en effet au Nord de la Hamada de Tinghert, près de Hassi Pujat (que les Arabes appellent Hassi Bekbort), des formations considérables de bois silicifiés dont certains troncs avaient plus de 50 centimètres de diamètre et 1 ou 2 mètres de long. Ces superbes débris jonchaient le sol et témoignaient par leur abondance et la taille de certains d’entre eux, de la formation de ces amoncellements de bois flottés et de leur silicification en cet endroit même.

Or, ces dépôts reposent sur des formations post-crétacées, ce qui me fait admettre pour ces bois silicifiés l’âge tertiaire.

Cette date ne semble pas exceptionnelle : Beadnelle, donne à certains bois silicifiés de Beharieh, en Egypte, qui semblent tout à fait comparables, l’âge post-éocène.

Quant aux bois silicifiés déclarés albiens ou crétacés, je crois qu’une sévère révision de leurs conditions de gisement pourrait bien amener un changement dans l’âge attribué à certains d’entre eux.

Il est intéressant de noter que la silicification des bois semble à certains auteurs avoir toujours été liée à l’existence d’un climat désertique.

La démonstration de la présence de bois silicifiés dans plusieurs niveaux du complexe crétacico-tertiaire sud-constantinois pourrait donc être considérée, en admettant que la silicification n’ait pas été opérée partout à la même date, comme un argument en faveur de l’hypothèse de l’antiquité récurrente du climat désertique dans ces régions, de l’existence de plusieurs époques de ce climat au Crétacé et au Tertiaire avant l’époque actuelle.

Du Crétacé de Tinghert et du Djoua.