Ainsi donc, au Sud, au voisinage du Massif Central Saharien primaire, les bords relevés (peut-être par des mouvements alpins) de la cuvette crétacico-tertiaire constituent la Hamada de Tinghert.
Les formations crétacées y forment des plateaux doucement inclinés vers le Nord et terminés en falaises ou krebs au Sud.
On distingue trois gradins principaux dont les krebs ont été désignés par Cortier sous les noms de kreb d’In-Eddi, kreb de Tefist et kreb du Djoua. (Le kreb du Djoua étant le plus méridional et correspondant aux formations les plus basses de la série crétacée.)
Les étages représentés d’une façon certaine sont le Cénomanien, le Turonien et le Sénonien, à facies en général marno-calcaire (les argiles multicolores à gypse sont très développées à la base du kreb du Djoua où elles sont, semble-t-il, cénomaniennes et du kreb d’In-Eddi où elles paraissent sénoniennes).
Une étude de cette série crétacée de Tinghert avec la distinction de ses niveaux fossilifères paraîtra ultérieurement.
Quant à l’existence de l’Albien marin à la base de la série, elle n’est pas certaine (pas plus qu’en Tripolitaine d’ailleurs).
Le kreb du Djoua nous a fourni en abondance à sa partie supérieure des fossiles marins cénomaniens.
Ces formations fossilifères sont supportées par des argiles multicolores à gypse et à niveaux gréseux — formations lagunaires — d’âge indéterminé.
Ce sont ces argiles avec leurs formations de sables et grès tendres qui constituent le fond de la dépression du Djoua, qui longe le kreb du Djoua au Sud.
Dans ce fond, Foureau a recueilli des fossiles[13] ; ils ont été étudiés par M. Haug. Parmi eux, il n’est aucune espèce caractéristique de l’Albien qui permette d’attribuer avec certitude à l’Albien ces argiles, plutôt qu’au Cénomanien.