La Tamenoukalt de l’Ettebel des Kel-Rala (femme d’Aramouk).
Oued In-Fergan (Atakor).
Et l’ahal succède à l’ahal, ici et là, fleurissant la vie de l’Ahaggar (noble) de ses notes gaies et charmantes.
C’est en vain que de retour dans la civilisation moderne, on cherche à reprendre goût à sa vie d’Européen ! Peut-on oublier les soirées merveilleuses où l’on devise gaiement sous les plus limpides clairs de lune que la terre connaisse, dans le chant caressant, le tendre chant des Imzaden et parfois le bruit guerrier que font les sabres frappés en cadence des esclaves dansants, ou encore les timides voix des chœurs alternés de jeunes filles...
D’un col nous découvrons soudain, à nos pieds, tapi dans la vallée de l’oued In-Fergan, un gros campement de riches tentes en peaux.
C’est la « cour » de la Tamenoukalt (reine), femme d’Aramouk.
Après qu’un de mes hommes eut été avertir de mon arrivée imminente et qu’un Targui eut fait signe, en agitant un long voile, qu’on nous attendait, nous marchons au galop, selon l’usage, vers les trois principaux seigneurs du camp qui viennent à notre rencontre dans toute la pompe de leurs voiles et de leurs « dokkali »[90].
Du haut de mon mehari, je reçois l’hommage qu’ils doivent à l’officier français, ainsi que le salut et les souhaits de bienvenue de la Tamenoukalt. Puis sous une tente rapidement dressée à l’endroit que l’on me demande de désigner selon mon bon plaisir, nous nous lions rapidement dans les nombreux thés de rigueur.
En l’absence d’Aramouk, son khalifat me fait les honneurs qu’un vassal de la France doit à un officier français (palabre, repas de fête, etc.), puis je me rends en la tente de la Tamenoukalt, en sa tente aux piliers sculptés.
Après les nombreuses salutations d’usage :