L’on chante, l’on danse dans le bruit scandé des derboucca et les mélodies lascives des imzaden... et l’on parle d’amour.

Je rentre à In-Salah par l’Emmidir après avoir été faire un raid d’études au Tahihaout. C’est en mai, la chaleur est déjà obsédante, la marche n’est possible que le matin et le soir. Dans la journée, il faut s’arrêter et attendre avec souvent une cinquantaine de degrés que la fraîcheur du soir apporte sa délivrance.

J’arrive enfin à In-Salah le 2 juin, ayant étudié dans des conditions presque sans précédents[91], à ma connaissance, d’isolement et d’improvisation, les régions parmi les moins connues et les plus difficiles du pays des Kel-Ahaggar.

b) De Temassinin à In-Salah, par l’Ahaggar.
Notes de route[92].

Nous partons de Fort Flatters (Temassinin) le 7 février et cheminons dans des dunes.

Le 8, passons à Teouit (ou El Bir) situé dans une plaine allongée entre des dunes et où affleurent des grès. Pâturage de Damran. Les chameaux boivent.

Le 9, marchons tout le jour sur un vaste reg à végétation de Ressel et Nessi, pour arriver le soir au Djebel Tanelak (ou Adrar-n-Taserest), vers la terminaison Nord de cette chaîne de Tanelak, contre laquelle, face Est, trouvons un intéressant pâturage à Had, Ageran, Nessi, Acheb (Goulglane) et Chgar.

Nous avons rencontré les traces d’un canon de 80 qui a passé par là il y a trois ans, paraît-il, lors d’une campagne contre les Touareg de l’Ajjer. Le désert conserve bien les traces.

Contre la montagne, nous trouvons des amas de troncs d’arbres magnifiques, qui nous servent à faire nos feux ; ces amas de bois semblent témoigner en faveur d’un passé plus humide, encore assez récent, car actuellement comme arbres il n’y a plus rien dans cette région.

Je monte sur le haut de la montagne contre laquelle nous sommes adossés ; de là, j’aperçois la gara Khamfoussa (Egeleh) à l’Est, et au Nord-Nord-Ouest le confluent de l’oued In-Dekak et de l’Ir’err’er, ainsi qu’un immense Teleh isolé au milieu du reg.