Nous avons indiqué par une rapide mise au point botanique et zoologique combien la distinction inspirée par les considérations géologiques et morphologiques entre les pays crétacico-tertiaires sud-constantinois et le Massif Central Saharien était légitimée aussi par les caractères de la végétation et de la faune.
On constate un grand changement dans la flore quand l’on passe du Sahara arabe dans le pays targui.
On remarque en outre :
la concentration de la végétation persistante sur le réseau hydrographique auquel elle est étroitement limitée (sauf cas de sable, cas plutôt rare), alors qu’en pays crétacico-tertiaires (particulièrement atteints par la « maladie des sables ») la végétation persistante est largement diffuse ;
les caractères de cette flore persistante beaucoup moins adaptée à la sécheresse, donc beaucoup moins désertique que celle des pays crétacico-tertiaires ;
la conservation d’une flore persistante de pays humides et d’une faune dulcaquicole complète composées d’espèces survivantes, à représentants dispersés de temps beaucoup plus humides.
(Les autres massifs sahariens géologiquement et morphologiquement comparables, les autres massifs cristallins du « Faîte saharien », avec leurs enveloppes primaires, sont peut-être ainsi de même au point de vue zoologique et botanique en opposition avec les pays de calcaires secondaires ou tertiaires et de sables qui les entourent plus ou moins au Nord et au Sud).
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C’est ainsi que la flore et la faune du Massif Central Saharien semblent témoigner de l’existence d’un passé humide au Sahara.
On peut croire que le réseau hydrographique du Sahara en disproportion avec l’activité actuelle des oueds est également un héritage de ce passé humide.