Certaines de ces plantes, les Tamaricinées (qui avec l’Rtem sont à affinités méditerranéennes) entre autres, se rencontrent également dans certaines vallées des plateaux de la région d’Inifel et de Fort Miribel (le bord Ouest de la grande cuvette crétacico-tertiaire sud-constantinoise) dans l’oued Mya et en d’autres rares coins humides et plus ou moins abrités du Sahara arabe.
Mais ce sont les vallées ombreuses du Tademaït et du Tinghert qui sont particulièrement leurs terres d’élection ; c’est là que l’on trouve l’ensemble de ces espèces bien représentées et que l’on est frappé par le cachet particulier de la flore ainsi individualisée dans la flore générale des pays crétacico-tertiaires sud-constantinois.
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Après les pluies, avec le Nessi, une végétation particulière sort du sol et fleurit avec une rapidité stupéfiante : c’est l’acheb (ou « pâturage vert »).
L’acheb est un ensemble de plantes tendres, vertes, gorgées d’eau et en fleur, que la pluie fait sortir du sol comme par un coup de baguette magique ; flore essentiellement éphémère, et qui, vivant par cette humidité fugace, doit vite fleurir et grainer.
L’acheb est en général à base de Crucifères ; par exemple : le Hennê (? Henophyton deserti, Cosson et Dur.), Lehema (? Malcomia aegyptiaca, Spr.), le Goulglane (? Savignya longistyla, Boiss. et Reut.).
Que je rappelle la présence curieuse du Populus euphratica, Oliver, dans l’oued Mya, que j’ai constatée après Inifel, aux environs de Sejra Touila — dans mon itinéraire de retour — et celle, intéressante, dans le Sud des Gassis du Grand Erg, du Hyosciamus Falezlez, Cosson, ou jusquiame, Bethina en arabe, Efelehleh en tamahak, que j’ai observée à une dizaine de kilomètres au Nord de Hassi Pujat, sur le Gassi, et cette esquisse des traits généraux de la flore des pays crétacico-tertiaires sud-constantinois, tels qu’ils me sont apparus lors de mon passage dans ces régions, est terminée.
On trouvera plus loin, dans le paragraphe traitant de mon itinéraire, l’énumération des associations principales de plantes essentielles rencontrées de Ouargla à Temassinin.
Du pâturage et du pâturage en Sahara arabe.
C’est là un des esclavages du Saharien. On finit par être hypnotisé sur ce point de vue et la « question pâturage » devient rapidement un des sujets de conversation dominant.