On voit que les Salsolacées sont toutes, sauf le Ressel, appréciées du chameau[22].
Ces Salsolacées, ainsi que nous l’avons dit plus haut, sont la dominante de la végétation du Sahara arabe et sont répandues sur d’immenses surfaces, d’ailleurs, chose curieuse, par vastes étendues où souvent l’on ne trouve qu’une ou deux espèces mais en quantité.
On voit ainsi l’étendue considérable de pâturages quasi permanents dont disposent les tribus arabes (Chamba et autres). C’est là ce qui caractérise ces régions au point de vue pastoral ; c’est la présence de vastes étendues de pâturages quasi permanents de Salsolacées, de vastes plaines où l’on peut vivre à peu près constamment (car là où le chameau vit, l’homme peut subsister en se nourrissant du lait des chamelles et des chèvres).
Quand les animaux ont tout tondu, on change de camp.
La pluie a aussi une influence sur les déplacements, car dans les régions d’acheb les animaux ont plus de lait, ils ont besoin de boire moins souvent et on s’établit de préférence là où il a plu récemment.
Naturellement, dans ce nomadisme on est l’esclave des points d’eau où il faut faire boire les chameaux régulièrement suivant la saison et la qualité du pâturage de tous les trois jours à tous les huit jours et, en général, les nomades s’établissent près des puits, non seulement pour pouvoir abreuver facilement leurs chameaux mais encore et surtout à cause des ânes, chèvres et moutons qui demandent à boire plus souvent.
Quand il y a beaucoup d’acheb et pas de plantes salées, les chameaux peuvent se passer de boire très longtemps, mais c’est un cas qui se produit surtout en pays targui.
Ce sont les régions de sable, à Had, qui sont les meilleurs pâturages en toute saison en Sahara arabe. Puis les étendues sablonneuses à Damran.
Planche II.