(1) voir la [carte de l’Enceinte Tassilienne]
B) Les Tassilis internes, au Sud des précédents, qui se terminent au Sud par les très hautes falaises et les grands escarpements des monts Ahellakan et Ens-Iguelmamen, dominant le Pays cristallin de l’Edjéré[28] et de l’Amadror.
Ces plateaux sont en grès quartziteux non fossilifères ; nous avons pu observer la relation de ces grès avec les Schistes à Graptolithes ; ils leur sont inférieurs ; ce sont donc des grès siluriens ou cambriens. Dans l’absence de fossiles, on ne peut affirmer qu’ils ne sont pas cambriens (tout ou partie). Nous les appelons Grès inférieurs des Tassilis.
La transition avec les Schistes à Graptolithes se fait par un ensemble puissant de grès à « rippel-marcks » de « Grès à colonnettes » (c’est ainsi que le commandant Besset a appelé, suivant une expression très imagée, un facies très spécial de ces grès de transition) et de schistes argileux multicolores, qui affleurent dans la région déprimée de l’Atafaït-Afa, du Tahihaout.
Ces grès massifs, d’une remarquable puissance, reposent très nettement en discordance angulaire sur les Schistes cristallins à filons de pegmatite, donc anté-siluriens, peut-être antécambriens de l’Edjéré et du Massif Central Saharien, par de beaux conglomérats de base à galets de quartz dont l’affleurement est souvent caché sous les éboulis.
Nous appelons cette discordance : la Discordance tassilienne.
Ultérieurement, il paraîtra une étude sur les formations fossilifères dévoniennes et siluriennes rencontrées par nous dans cette région, avec des précisions sur leur âge.
Mais d’ores et déjà, nous pouvons indiquer que, pour la première fois au Sahara, nous avons découvert des organismes siluriens autres que des Graptolithes constituant les éléments d’un principe de faune.
Ce sont des Orthocères, une glabelle de Trilobite, des Lamellibranches et quelques autres organismes. Le tout est associé aux Graptolithes dans le gisement fossilifère des Schistes argileux de Tanout-Mellet.