L’étude minéralogique de ces échantillons, recueillis le long d’un itinéraire filiforme dans le Pays cristallin ne rentre pas dans le cadre de cet exposé général[37].
Nous laissons donc de côté l’étude minéralogique de ces Schistes cristallins de l’Ahaggar en attendant que des études de longue haleine nous permettent de les grouper suivant leur rapport avec les îlots de roches intrusives, suivant les influences diverses qu’ils ont pu subir : injections filoniennes, actions mécaniques, etc., et suivant les zones de profondeur auxquelles ils peuvent appartenir.
L’étude des Schistes cristallins de l’Ahaggar à ces points de vue, pourra revêtir un grand intérêt général par suite de la nudité de ces pays qui se prêtent plus qu’aucun autre à des études de cet ordre.
Ce sur quoi nous désirons attirer l’attention, c’est l’âge de ces Schistes cristallins, ainsi que l’âge et la forme de leurs plissements propres.
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L’âge des formations qui sont devenues les Schistes cristallins est, peut-être, anté-cambrien.
En effet, nous avons vu que l’Enceinte tassilienne reposait en discordance sur les Schistes cristallins plissés.
Dans cette enceinte, nous avons montré l’importance des formations siluriennes.
Même dans l’éventualité de la démonstration de l’absence du Cambrien à la base, on peut conclure avec beaucoup de probabilité à l’âge anté-cambrien des Schistes cristallins : car on peut considérer comme très longue la période qui sépare la date du dépôt des formations qui sont devenues par métamorphisme les Schistes cristallins, de la date de la transgression marine qui débuta par la formation des Conglomérats de base de la série tassilienne.
1º La transgression marine s’est faite en effet après le plissement, après l’injection de tout ce complexe cristallin par les pegmatites et après que l’érosion eut atteint ces filons de pegmatite (car nous avons constaté que la couverture tassilienne repose directement, en de nombreux points, sur un substratum de Schistes cristallins injectés de pegmatite).