Au point de vue morphologique on peut distinguer dans ce vaste Pays cristallin[46] deux zones :
Le pourtour plus ou moins aplani ;
Le centre fortement montagneux.
De telle sorte qu’on peut comparer le Massif Central Saharien à un vaste ensemble fortifié comprenant une enceinte ; à l’intérieur de cette enceinte un vaste glacis, l’« Avant-pays cristallin » et, entourée par ce glacis, une imposante citadelle, le « Massif cristallin ».
Ce glacis, l’Avant-pays cristallin, est composé soit de pays d’ennoyage à « reg » (plaine de cailloutis) prédominant, soit de pays de Schistes cristallins, particulièrement paeneplainisés, usés, « rabotés » par l’érosion, dont la monotonie est rompue plus ou moins fréquemment par des « monad-nock », des parties plus résistantes qui ont subsisté en relief et dont la silhouette aiguë et déchiquetée ou en tas conique de boules, étonne souvent au milieu de ces étendues relativement aplanies.
Citons dans cette zone : les pays de l’oued Tedjert et de l’oued Taheret (au pied des monts Ahellakan), de l’Amadror, d’Abada-Heg’erin, d’Admer, de Raris et de l’oued Taremert-n-Akh, d’Ag’erar, d’Afedafeda, une partie (la partie Est) du Tanezrouft-n-Ahnet, enfin les tanezroufts qui séparent les Tassilis-n-Ahaggar du massif de l’Ahaggar[47].
Ces pays sont très évolués au point de vue morphologique.
La zone montagneuse, le Massif cristallin, constitue l’ossature décharnée du Pays cristallin qui se dégage de ces contrées plus ou moins aplanies, comme la carcasse blanchie d’un chameau en décomposition sur le « reg ».
Il semble que l’œuvre des volcans n’ait pas été étrangère au rajeunissement et à la conservation d’une partie de ces reliefs centraux.
Elle comprend principalement :