Au Nord : une sorte d’arête, le Tifedest, de direction sub-méridienne ;

Au Sud : cette arête, après un ensellement, s’empâte en une vaste masse montagneuse semblant présenter dans la répartition de ses parties culminantes une grossière direction Est-Ouest, vaste système montagneux dont le massif le plus important, le plus élevé, est appelé par les Touareg Atakor-n-Ahaggar (pommeau de l’Ahaggar) ou Tehount-n-Ahaggar (grosse pierre de l’Ahaggar)[48] ; et dans lequel les Touareg distinguent en particulier l’Ahaggar-oua-hegerin (haut Ahaggar) et l’Ahaggar-oua-gezzoulen (bas Ahaggar), l’Anahef, le Serkout, l’Ajjer, etc.[49].

Le Massif cristallin fait contraste avec l’Avant-pays cristallin par son caractère réellement montagneux.

Il est prématuré pour le moment de chercher à distinguer quels rôles exacts ont pu jouer des affaissements[50] ou ont joué des volcans dans l’individualisation du Massif cristallin ou encore, la résistance relative des roches qu’on y rencontre.

Dans le Massif cristallin les oueds ahaggariens présentent des caractères d’évolution variés : certaines vallées paraissent très évoluées et présentent sur leurs flancs des terrasses d’alluvions ; d’autres semblent en pleine jeunesse et sont fort accidentées.

Le contraste est souvent saisissant.

Il est vrai que les vallées ayant des caractères morphologiques très différents dans les pays de roches grenues, dans ceux de Schistes cristallins et dans ceux d’épanchements volcaniques, il semble souvent que l’on constate l’existence de stades d’évolution différents, alors qu’en réalité il s’agit de façons d’évoluer différentes en rapport avec la nature du sol, dont le caractère de divergence est accentué à un point rare dans ces pays.

Sans doute aussi l’activité de creusement des oueds sahariens s’est réfugiée, localisée progressivement, dans leur cours tout à fait supérieur pour aplanir les derniers reliefs importants qui subsistent du massif central et parce que ces monts élevés reçoivent encore pas mal d’eau ; et les oueds sahariens conservent là une certaine jeunesse qui est en antithèse avec le reste de leur cours.

Des affaissements ont pu jouer un rôle important dans le rajeunissement inégal de certains oueds par des bouleversements divers dans leurs profils en long ; ainsi s’expliquerait en même temps la présence de certaines terrasses.

Des oscillations du niveau marin dans des golfes sahariens[51] (dont nous avons montré la possibilité d’existence dans le passé, au début de ce travail), en un temps où les oueds sahariens auraient coulé d’un bout à l’autre de leur cours et auraient ainsi été comparables, dans leur activité, à de vrais fleuves et rivières, pourraient expliquer également la formation de certaines terrasses qui seraient ainsi la conséquence de ces variations d’un lointain niveau de base ?!