1º La source de Titahouin-Tahart (T) ou Aïne-Kerma (A) ou Source du Figuier (F).
Cette source, située à la base de la falaise de Grès inférieurs des Tassilis qui forme le flanc Est de la vallée de l’Ir’err’er au voisinage des Conglomérats de base et de la Discordance tassilienne, ne tarit jamais (d’après les Touareg), son eau est toujours pure, claire, renouvelée et n’a rien d’une eau stagnante ; son abord est difficile, en raison des joncs et figuiers (de là son nom) qui en défendent l’accès et c’est une des raisons pour lesquelles, quoique l’eau y soit excellente, on y abreuve moins souvent ses chameaux qu’à Tin-Eselmaken, car les animaux sont effrayés par les joncs, refusent d’approcher jusqu’à l’eau et pour les désaltérer on doit apporter un abreuvoir et se fatiguer à le remplir d’eau par un va-et-vient de « dalou », ce que l’on évite en allant à Tin-Eselmaken qui se présente mieux à ce point de vue très spécial.
La Source du Figuier a permis autrefois de cultiver un jardin dont il existe encore les ruines. Quelques palmiers subsistent également, dont deux au moins sont en très bonne santé.
Je crois qu’en améliorant les conditions de captage, on pourra tirer de cette source une quantité d’eau appréciable.
La position de la Source du Figuier, assez au-dessus du lit de l’Ir’err’er, au pied de la falaise des Grès inférieurs des Tassilis, permettra d’amener son eau par gravité en conduite jusqu’à la Centrale d’eau d’Amguid ;
2º Tin-Eselmaken. — Par une profonde entaille dans la falaise qui forme le flanc Est de la vallée de l’Ir’err’er débouche la profonde gorge de Tin-Eselmaken, encaissée jusque-là dans les plateaux de Grès inférieurs des Tassilis internes.
Les observations que j’ai pu faire sur la mare de Tin-Eselmaken sont les suivantes :
a) Le fond n’est pas rocheux ; par suite l’on ne saurait assimiler cette mare à un aguelmam typique, tel Afelanfela, près de Tiounkenin (dans l’Emmidir), tels Ens-Iguelmamen (dans l’Oudan, gara Ti-Djanoun), tel In-Ebeggi (dans le massif de l’Assgaffi, etc., etc.) ;
b) L’eau à l’amont de cette mare est toujours pure alors qu’il n’en est pas de même à la partie aval.
Après un mois de séjour à Amguid, en même temps que des tribus de Touareg (Eaohen-n-ada et Kel-Amguid), qui possédaient un important cheptel de chameaux et surtout de chèvres, j’eus l’occasion de constater que en même temps que l’élargissement terminal aval de la mare avait considérablement diminué d’importance (en effet, alors qu’à mon arrivée c’était un plaisir d’y nager, à mon départ une grande partie était à sec et ce qui subsistait de cet élargissement terminal ne permettait pas des ébats de cet ordre), ce qui y restait d’eau était devenu une eau imbuvable, épouvantablement chargée d’urine de chèvre et de chameau, à tel point que, seul l’élargissement terminal de la mare se prêtant à l’abreuvage des bêtes (pour des raisons d’accès) et l’eau en étant refusée même par les chameaux, les Touareg avaient dû renoncer à abreuver leurs troupeaux à Tin-Eselmaken et recourir à la Source du Figuier, malgré le caractère fatigant qu’y ont les opérations d’abreuvage ;