c) De nombreux poissons (Barbus biscarensis) animent les eaux de Tin-Eselmaken ; certains atteignent une taille de 20 et même 30 centimètres.

A mon arrivée dans la région d’Amguid ces poissons mettaient de la vie dans toute la mare ; dans la suite ils se réfugièrent en amont, là où l’eau était restée pure, ainsi que gyrinides, dysticides et autres bêtes de ces eaux[54] ;

d) De nombreux lauriers-roses (Defla) couvrent les berges de la mare de Tin-Eselmaken ; on compte trois palmiers.

De ces observations il résulte qu’on peut considérer la mare de Tin-Eselmaken comme permanente et constamment alimentée en amont.

Cette eau semble avoir pour origine la venue en surface de l’eau absorbée en amont lors des pluies par les alluvions de l’oued Tin-Eselmaken et qui jusque-là avait cheminé en profondeur dans ces alluvions.

On ne peut affirmer que cette source de Tin-Eselmaken n’est pas également en relation avec le contact à proximité en profondeur des Grès inférieurs avec les Schistes cristallins par les Conglomérats de base.

Les Grès inférieurs semblent en effet susceptibles d’être l’objet d’un réseau intérieur de circulation d’eau.

Au-dessus de Tin-Eselmaken on peut voir en effet, dans la falaise, et sur le flanc gauche, une ouverture à mi-hauteur d’où, lors des pluies, et pendant quelques jours après, l’eau sortirait en cascade (renseignements touareg).

Entre Tin-Eselmaken et la Source du Figuier, à mi-chemin à peu près, on peut également observer dans la falaise de Grès inférieurs et, assez au-dessus du contact par les Conglomérats de base avec les Schistes cristallins, une sorte de replat herbeux formant tache verte. Les Touareg me dirent qu’il y avait là une source appelée Tin-Tarabin par certains, alors tarie, mais qui coulait parfois après les pluies ; j’ai grimpé jusqu’en ce lieu escarpé et j’ai constaté la présence, au replat herbeux, d’un puisard (sans doute pour puiser l’eau absorbée par les terres du replat), ce qui confirme bien les dires des Touareg de l’existence d’un point d’eau à cet endroit ; un mechbed dans les éboulis et de nombreux tombeaux anté-islamiques (?) montrent que ce point d’eau fut même assez fréquenté et assez important.

Il n’y a donc pas de doute, les Grès inférieurs peuvent abriter dans leur sein une assez importante circulation d’eau.