Il n’en est pas de même en général dans les mêmes proportions et de la même manière tout au moins des roches granitoïdes et des Schistes cristallins.

On comprend dès lors que le contact de ces deux roches puisse provoquer le rassemblement ou la liaison des eaux selon la ligne de contact, le gorgement par elles des fentes et divers chemins possibles de circulation d’eau au bas des Grès inférieurs et provoquer, par suite, des sources au voisinage du contact.

Lorsqu’il y a des fissures dans les Schistes cristallins ou des filons, les eaux peuvent descendre en dessous du contact, suivre les fissures ou cheminer entre la roche filonienne et la roche encaissante ; ainsi s’expliquent des sources en dessous de ce contact, dans le Cristallin, comme In-Ebeggi (des Tassilis) et d’autres situées le long de l’escarpement du bord interne des Tassilis internes. Ces sources sont rarement très en dessous du contact et il apparaît clairement que leurs conditions d’existence sont liées à l’existence voisine de ce contact.

On comprend donc que de même que pour la Source du Figuier, l’on puisse croire, pour la source de Tin-Eselmaken, qu’il y ait peut-être, outre les relations avec la nappe phréatique de l’oued Tin-Eselmaken, quelques relations entre son existence et le voisinage du contact des Grès inférieurs par les Conglomérats de base avec les Schistes cristallins.

Cette discussion théorique n’est pas déplacée ici, la détermination d’un mode habituel de gisement d’eau dans ces régions pouvant aider dans des recherches ultérieures.

Quel est le débit que l’on peut espérer de la source de Tin-Eselmaken ?

J’ai séjourné à Amguid en pleine chaleur ; l’évaporation était donc très intense ; la surface offerte par la mare d’Amguid est assez considérable ; le nombre de bêtes abreuvées par jour était d’environ 300 chèvres et 30 chameaux en moyenne ; la venue d’eau n’équilibrait pas cette perte d’eau puisque l’élargissement terminal fut en partie asséché en un mois.

Je crois néanmoins que, dans de bonnes conditions de captage, on peut espérer tirer de Tin-Eselmaken un litre à la seconde.

L’eau de Tin-Eselmaken pourra être amenée par gravité jusqu’à la Centrale d’eau ;

Source de Tihoubar (ou Aïne-Bou-Mesis). — Si l’on remonte l’oued Arami (ou oued Tounourt), cet oued qui débouche dans la vallée de l’Ir’err’er à quelques kilomètres au Nord de Tin-Eselmaken et du lieu-dit d’Amguid, on parvient après une quinzaine de kilomètres à un point d’eau très important appelé Tihoubar ou Aïne-Bou-Mesis[55].