[2] A Gallis Rætisque et Pannoniis. Le changement de particule indique que ces trois termes sont répartis en deux groupes, d’un côté Gallis, de l’autre Rætis et Pannoniis, correspondant l’un à Rheno, l’autre à Danuvio. Cf. Ragon, Gr. lat., § 534.
[3] Mutuo metu aut montibus. Remarquez la vivacité de cette expression, produite par le rapprochement de deux idées de nature différente. Ces montagnes sont les Karpathes. Cf. 7, note [13].
[4] Oceanus. Sous cette dénomination il faut entendre la Mer du Nord et la Baltique. Ces latos sinus sont des presqu’îles, et non pas des golfes, le Jutland probablement. Cf. [29], sinus imperii, et la [note]. À travers l’incertitude de ces renseignements géographiques, certains commentateurs ont voulu voir l’intention de grandir, dans un but politique, l’importance de la Germanie.
[5] Immensa: ce mot a un sens plus faible qu’à l’époque classique. Tacite remploie communément dans le sens de très grand. Traduisez: de vastes étendues d’îles.
[6] Nuper cognitis. Cette proposition à l’ablatif absolu, où le participe a la valeur de l’aoriste et non pas du parfait, exprime avec beaucoup de concision la source des renseignements donnés dans le membre de phrase précédent. Nuper a une valeur relative, car les expéditions dont il s’agit ici ont eu lieu 10 ans avant J.-C.
[7] Vertice: l’Adula (en latin Adulas) ou Rheinwaldhorn qui se trouve à l’est du Saint-Gothard.
[8] Modico flexu. Il ne s’agit pas, comme on le croit quelquefois, d’un coude du fleuve ou d’un «léger détour», mais d’une direction générale. Le Rhin, au lieu de se diriger vers le Nord, s’incline légèrement vers l’Occident. — Versus. Bien qu’on trouve parfois versus, adverbe, joint à in par pléonasme, ce mot est plutôt ici un participe, malgré le manque de liaison entre ortus et versus.
[9] Molli et clementer edito. Ces deux expressions sont fort voisines de sens, mais la première se trouve déjà à l’époque classique, tandis que la seconde n’apparaît dans ce sens que plus tard. Les expressions presque synonymiques sont nombreuses dans les premiers ouvrages de Tacite, où la couleur oratoire est plus prononcée. — Abnoba. L’orthographe de ce mot a été longtemps incertaine, mais des inscriptions ont levé tous les doutes.
[10] Donec... erumpat. Ce subjonctif est contraire à l’usage classique. Tacite emploie ainsi le subjonctif présent avec donec sans distinguer s’il y a ou non une intention à exprimer. Cf. [31], donec absolvat, donec faciat; [35], donec sinuetur, et 20, note [5].
[11] Meatus, litt., «marche» (de meare), puis, «passage, voie, canal», enfin comme ici, «embouchure». Ce mot, à l’époque classique, est poétique.