[3]: Voir l'appendice [D].

[4]: Voir l'appendice [F].

[5]: M. Bodenstedt dans un article de la Gazette universelle d'Augsbourg du 11 mai 1848, intitulé «les Slaves et l'Allemagne.»

[6]: L'anecdote suivante peut servir à caractériser, par un trait de plus, l'assertion ci-dessus: On sait bien qu'en 1846, un certain nombre de paysans de la Gallicie, entraînés par l'appât du pillage des propriétés appartenant à leurs seigneurs, en ont massacré plusieurs, et que les autorités autrichiennes non-seulement autorisaient, mais, en beaucoup de cas, récompensaient ces actes infâmes. Il était tout naturel qu'une politique aussi abominable donnât naissance à une foule de dénonciateurs qui, sous prétexte d'attachement au gouvernement existant, accusaient leurs seigneurs de trahison et de malveillance à l'égard du souverain. Il est arrivé qu'un paysan accusa son seigneur, devant un magistrat autrichien, d'avoir injurié l'Empereur de la manière la plus violente. À la question du magistrat: quels étaient les termes injurieux dont il s'était servi, le paysan, voulant aggraver autant que possible la faute de son seigneur, répondit: «Oh! Monsieur, il a dit les mots les plus horribles contre l'Empereur, il l'a même appelé Allemand! Naturam expelles furcâ tamen usquè recurrit.

[7]: Les auteurs qui ont parlé des Slaves dans le VIe siècle, sont: Procope, Jornandès, Agathias, l'empereur Maurice, Jean de Biclar et Ménandre. Ils les appellent Sclavènes ou Sclaves. Ces formes sont des corruptions du mot Slaves, ou Slavènes, employé par le peuple même et par les écrivains allemands qui ont été en rapport avec les Slaves de la Baltique, tels qu'Adam de Brême, Helmold, etc. L'étymologie du nom de Slave, a été entendue de diverses façons. Les uns dérivent ce nom du mot slava qui signifie gloire dans tous les dialectes slaves; et cette opinion semble confirmée par le grand nombre de mots slaves qui en viennent d'une manière incontestable; par exemple: Stanislav (Stanislas), fondateur de gloire; Promislav, sentiment de la gloire; Vladislav, dominant la gloire, etc. D'autres étymologistes tirent le même nom de slovo, qui signifie, dans tous les dialectes slaves, parole ou mot. Ils s'appuient sur ce fait que, dans tous les dialectes, on emploie un a ou un o indifféremment, slavanié ou slovanié[7-A]. Pour justifier leur étymologie, ils allèguent une circonstance curieuse, c'est que toutes les nations slaves donnent aux Allemands le nom de Niemietz, c'est-à-dire muets. Ils expliquent ainsi ce nom. Les Slaves, ne pouvant comprendre les étrangers, croyaient qu'ils n'avaient qu'un langage inarticulé, et les appelaient, pour ce motif, niem ou muets. Au contraire, persuadés que seuls ils possédaient le don de la parole (du moins, intelligible pour eux), ils s'appelaient Slovanié, c'est-à-dire, hommes qui ont le don de la parole. Quelle que soit la véritable étymologie du nom Slaves, on ne peut douter que cette dénomination de Slaves, Sclaves, Esclaves, Schiavi, ne vienne du grand nombre des Slaves de la Baltique vendus dans les marchés par les conquérants germains, ou réduits à un esclavage rigoureux sur leur sol natal. (Cette circonstance sert à expliquer l'antipathie nationale qui divise la race allemande et la race slave, et qui, il est triste de l'avouer, s'est réveillée récemment, en plusieurs occasions, avec une animosité digne des temps les plus barbares.) On doit remarquer aussi que tous les écrivains occidentaux appellent les Slaves, Slavini, Sclaves, et même Vinidæ, Venedes et Wendes; ce dernier nom a été donné par les Allemands aux Slaves de la Baltique, et s'applique maintenant à ceux de la Lusace et de la Saxe qui s'intitulent eux-mêmes Serbes. Il est impossible d'établir l'origine de cette dénomination donnée aux Slaves par les Allemands, ainsi que par les Finnois et les Lettoniens, mais dont eux-mêmes ne peuvent se rendre compte; en un mot, de toutes les conjectures faites sur ce sujet, aucune n'a abouti à un résultat satisfaisant. Je ferai seulement remarquer que ce n'est pas un cas exceptionnel, qu'on trouve beaucoup de nations qui ont reçu des étrangers des noms bien différents de ceux qu'elles se donnent à elles-mêmes. Ainsi, les Allemands s'appellent Deutsche, et sont appelés Allemands par les Français; Germains par les Anglais comme par les Romains; Niemtzy par les Slaves et les peuples de l'Est. Les peuples appelés Finnois par les Européens de l'Occident, s'appellent Suomi ou Suomalaiset et reçoivent des Slaves le nom de Tchoudy.

[7-A]: Ce qui est la plus probable, c'est que les mots slovo, parole, verbe, discours (λογος des Grecs), et slava, gloire, n'étaient, dans l'origine, qu'un seul et même mot employé dans deux sens différents. L'idée de la gloire, en effet, ne naît que de la notoriété qu'acquiert un nom ou un évènement divulgué par la parole. Les verbes slavit et slovit, et leurs dérivés vistavit et vistovit, etc., signifiaient probablement, dans l'origine, à peu près la même chose: divulguer, développer par la parole. Le mot latin fama et le mot français renommé n'ont pas une autre étymologie.

N. d. T.

[8]: Ceci est une erreur. Vineta ou Julin était située à l'embouchure de l'Oder et non dans l'île de Rugen.

[9]: Le mot attaque est faible; brigandages et rapines seraient plus conformes à la vérité.

[10]: L'âme généreuse de Herder exprimait, il y a quatre-vingt ans, ces regrets sur la décadence du caractère national des Slaves qui subsistent encore en Allemagne, c'est-à-dire des Wendes de la Lusace. Ils avaient pour fondement des données inexactes fournies par des gens envieux et mal disposés, ou bien ce malheureux état de choses a disparu avec les progrès de la civilisation. Elle a mis fin à l'oppression qui pesait sur ces restes de la race slave en Allemagne: on le voit d'une manière évidente, d'après le portrait suivant de cette population fait par un écrivain moderne d'Allemagne: