Quoique ces paillassons soient destinés à couvrir des panneaux de 1m,33 de largeur, il faut leur donner 2 mètres de longueur, parce qu'à l'humidité ils se raccourcissent d'environ 0m,50, ce qui fait qu'il ne leur reste plus que la longueur voulue.

3. Orangerie.—L'orangerie, ou serre froide, est destinée à garantir du froid extérieur certains végétaux qui ne demandent qu'un faible degré de chaleur. Elle doit être exposée au midi et construite sur un terrain sec; sa forme est un carré long, et ses dimensions doivent être, tant en hauteur qu'en largeur, proportionnées à la quantité de plantes qu'elle est destinée à contenir. Les murs doivent être assez épais pour que la gelée ne puisse pas facilement les traverser. La façade sera garnie de fenêtres aussi grandes que possible, et la porte d'entrée, placée au centre, sera vitrée et s'ouvrira à deux battants. On y fera construire un poêle, dont les tuyaux circuleront autour des murs intérieurs; mais il ne faudra faire du feu que s'il survient des froids extraordinaires. Pour conserver la santé des plantes, il suffit d'empêcher la gelée de pénétrer dans cette serre; à cet effet, il faut y placer un thermomètre, que l'on doit consulter souvent, afin d'entretenir pour chacune la température nécessaire. L'eau destinée aux arrosements des plantes d'orangerie et même de celles des serres y attenant devra arriver dans le bâtiment par des tuyaux souterrains, et elle sera reçue dans un bassin ou dans un tonneau pour se réchauffer un peu.

§ I.—De la rentrée des plantes d'orangerie et de leur traitement en hiver.

La rentrée des plantes dans l'orangerie doit avoir lieu dans la seconde quinzaine d'octobre, rarement plus tard. Il ne convient de les rentrer que par un temps sec, et il faut avoir soin de placer les plus élevées par derrière, de manière à former un gradin, afin que toutes jouissent autant que possible de la lumière.

Indépendamment des Orangers, les Lauriers, les Grenadiers et beaucoup d'autres plantes rustiques peuvent passer l'hiver dans l'orangerie; on peut même sans inconvénient les placer derrière ou entre les Orangers; mais il n'en est pas de même pour les Myrtes, qui peuvent également être placés dans l'orangerie; car il faut qu'ils reçoivent la lumière directement, faute de quoi ils perdent leurs feuilles. Sur les tablettes on peut mettre les gros Pélargoniums zonale (Géraniums rouges): leur rusticité est telle, qu'ils se contentent parfaitement bien de l'orangerie; il faut même peu les arroser (sans cependant les laisser dessécher), afin d'éviter qu'ils ne végètent pendant leur séjour dans la serre; car alors les pousses sont tellement tendres, qu'il faut les rabattre en les sortant. Pendant les gelées, on peut encore déposer dans l'orangerie les Œillets cultivés en pots et les Giroflées grosse espèce; mais il faut les mettre dehors aussitôt que la température le permet.

On laisse d'abord l'orangerie entièrement ouverte jour et nuit. Lorsque le froid commence à se faire sentir, on la ferme la nuit; puis enfin, quand il gèle, pendant le jour. Alors toutes les fenêtres doivent être fermées hermétiquement et garnies extérieurement de paillassons.

Toutes les fois que le thermomètre placé au dehors marquera 3 ou 4 degrés au-dessus de zéro, on donnera de l'air, à moins que l'atmosphère ne soit trop humide ou le vent trop violent.

Les plantes rentrées dans l'orangerie ne seront arrosées que lorsqu'elles en auront besoin, et il ne faudra leur donner que la quantité d'eau absolument nécessaire à leur entretien. L'hiver étant pour les plantes un temps de repos, il faut éviter à cette époque de ranimer la végétation, ce qui les épuiserait.

§ II.—De la sortie des plantes d'orangerie et de leur traitement pendant l'été.

La sortie des plantes ne peut avoir lieu que dans la première quinzaine de mai, et l'on commencera toujours par les plus rustiques; mais il faut, pour les accoutumer aux influences atmosphériques, leur donner longtemps d'avance le plus d'air possible, et l'on attendra pour les sortir un temps couvert ou pluvieux.