Lorsqu'on a une bonne côtière et que l'on se trouve à court de panneaux, on peut semer les pois sous cloches, vers la fin de janvier et dans le courant de février; enfin, selon l'état de la température, on les repique dans des rayons un peu profonds; puis on les couvre de litière pendant le mauvais temps. Ces pois donnent après ceux qui sont cultivés sous panneaux, mais beaucoup plus tôt que les Pois semés en place en novembre et décembre.

Pleine terre.—En pleine terre, les premiers semis ont lieu dans la seconde quinzaine de novembre, dans une côtière du midi. On trace des rayons un peu profonds et à 0m,25 les uns des autres. Après le semis, on couvre les Pois de quelques centimètres de terreau; et lorsqu'ils ont 0m,15 ou 0m,20 de hauteur, on donne un binage et l'on remplit les rayons. Si l'hiver est rigoureux, on couvre les Pois avec de la litière, qu'on enlève toutes les fois que la température le permet; mais il faut s'assurer avant si les Pois ont souffert de la gelée, car alors il faut, pour ne pas les perdre, les laisser dégeler graduellement et ne les découvrir que si le temps se radoucit. À partir de l'époque ci-dessus indiquée, on peut semer successivement jusqu'en juillet pour manger en vert; pour récolter en sec, il faut semer en mars. Quelle que soit l'époque du semis, les soins consistent à donner quelques binages, à pincer l'extrémité des espèces hâtives au-dessus de la troisième ou de la quatrième fleur, afin de hâter la maturité, et à mettre des rames aux grandes variétés. On cultive un grand nombre de variétés de Pois; nous ne citerons seulement que les plus répandues, que nous placerons dans leur ordre de précocité; toutefois, nous dirons que pour les semis qui auront lieu en pleine terre avant le mois de février, il faut prendre le Michaux ordinaire, car le Pois le plus hâtif est moins rustique et pourrait souffrir de l'hiver; mais ce dernier, semé en février, produit tout aussi tôt que le Michaux semé d'automne.

La durée germinative des semences de Pois est de quatre à cinq ans.

Pois à écosser.—Carter, h. 0m,80.—Prince Albert, h. 0m,45.—Ridé nain hâtif, h. 0m,25.—Michaux de Hollande, h. 0m,90.—M. de Ruelle, h. 1m.—M. ordinaire, h. 1m,20.—Nain de Hollande, h. 0m,60.—N. à châssis, h. 0m,20.—N. de Bretagne, h. 0m,36.—N. gros sucré, h. 0m,30.—N. vert anglais, h. 0m,46.—N. vert de Prusse, h. 0m,60.—N. vert impérial, h. 0m,50.—Bishop à longue cosse, h. 0m,48.—Champion d'Écosse, h. 0m,60,—de Clamart, h. 1m,30,—de Marly, h. 1m,35,—d'Auvergne, h. 1m,20;—à la moelle de Victoria, h. 1m,50.—Ridé ou de Knight, h. 1m,40.—R. vert, h. 1m,30.—Turc, h. 0m,85.

Pois sans parchemin ou Mange-tout.—Nain, h. 0m,75,—à fleurs blanches, h. 1m,65,—à fleurs rouges, h. 1m,60,—à cosse blanche, h. 1m,45,—à cosse jaune, h. 1m,20.—Géant, h. 1m,90.

Pommes de terre (Solanum tuberosum).—On ne cultive ordinairement dans les jardins que les variétés peu répandues ou recommandables par leurs qualités et l'époque de leur maturité, car les autres appartiennent essentiellement à la grande culture.

Les premières plantations de Pommes de terre peuvent avoir lieu, sur couche et sous panneaux, vers la fin de janvier ou au commencement de février. À cet effet, on prépare une couche de 0m,40 d'épaisseur, on l'entoure d'un réchaud, puis on la charge de 0m,20 de bonne terre; on trace quatre rangs par coffre, après quoi on plante les pommes de terre à 0m,33 de distance sur la ligne (la variété connue sous le nom de Marjolin est la plus avantageuse pour planter à cette époque); pendant la nuit, on couvre les panneaux avec des paillassons, et l'on donne de l'air aussi souvent que possible. Par ce moyen, on peut avoir des Pommes de terre nouvelles dans la première quinzaine de mars. On détache les plus grosses et l'on recouvre les autres, qui peuvent être récoltées quelque temps après.

Pleine terre.—En pleine terre, on plante les premières Pommes de terre dans le courant de février. Le terrain destiné à la plantation doit être labouré et fumé d'avance. S'il arrivait que l'on fût forcé de fumer en plantant, il faudrait n'employer que des engrais à moitié consommés. Pour planter les Pommes de terre, on fait ordinairement des trous semblables à ceux dans lesquels on sème les Haricots; seulement, ils doivent être plus profonds et plus rapprochés les uns des autres que pour les Haricots.

Dans les terres humides et froides, au lieu de faire des trous pour planter les Pommes de terre, on dispose la semence par rang sur le sol, puis on fait une tranchée entre chaque rang, et, avec la terre provenant de la fouille, on recouvre les Pommes de terre.

Quel que soit le mode de culture, la semence doit être choisie avec soin, c'est-à-dire que les tubercules doivent être sains et d'une maturité parfaite. Les plus gros peuvent être divisés.