Voici d’ailleurs, à titre documentaire, le début du manuscrit et de l’Edition de Le Bret.

EDITION LE BRETMANUSCRIT
La Lune était en son plein, le Ciel était découvert et neuf heures du soir étaient sonnées, lorsque, revenant de Clamart, près Paris (où M. de Guigy le fils, qui en est Seigneur, nous avait régalé, plusieurs de mes amis et moi), les diverses pensées que nous donna cette boule de safran nous défrayèrent sur le chemin: de sorte que, les yeux noyés dans ce grand astre, tantôt l’un le prenait pour une lucarne du Ciel: tantôt un autre assurait que c’était la platine où Diane dresse les rabats d’Apollon: un autre que ce pouvait bien être le Soleil lui-même qui, s’étant au soir dépouillé de ses rayons, regardait par un trou ce qu’on faisait au monde quand il n’y était pas.La Lune était en son plein, le Ciel était découvert, et neuf heures du soir étaient sonnées, lorsque nous revenions d’une maison proche de Paris, quatre de mes amis et moi. Les diverses pensées que nous donna la vue de cette boule de safran nous défrayèrent sur le chemin; les yeux noyés dans ce grand astre, tantôt l’un le prenait pour une lucarne du Ciel, par où on entrevoyait la gloire des Bienheureux, tantôt l’autre assurait que c’était la platine où Diane dresse les rabats d’Apollon; tantôt un autre s’écriait que ce pouvait bien être le Soleil lui-même qui s’étant au soir dépouillé de ses rayons, regardait par un trou ce qu’on faisait au monde quand il n’y était plus.

J’ai d’ailleurs collationné par la suite de nombreuses pages sans trouver un mot différent.

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L’Histoire Comique ou Voyage dans la Lune, parut d’abord sans lieu, ni date, ni privilège. On estime généralement que cette édition remonte à 1650 et fut imprimée à Toulouse ou Montauban.

L’édition véritable date de 1656, elle parut un an après la mort de Cyrano, sous la direction de son ami Le Bret, format in-12. Le privilège est du 23 décembre 1656, et donné à Charles de Sercy pour cinq années. Cet ouvrage fut réimprimé en 1659 et 1663.

Les Œuvres complètes furent publiées pour la première fois à Lyon en 1663 en deux volumes in-12 chez Christophe Fourmy. Elles parurent, enrichies de figures en taille-douce à Amsterdam en 1709.

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Tel est l’historique de la publication des œuvres de Savinien de Cyrano Bergerac.

M. Auguste Vitu lors d’une conférence faite au théâtre de la Gaieté, le 10 novembre 1872, avant la représentation de la Mort d’Agrippine, traça de notre auteur un portrait définitif[1]. Son fils, M. Maxime Vitu, m’a très aimablement autorisé à reproduire ici les passages relatifs à la vie de notre héros. C’est un pur chef-d’œuvre. Il n’y a rien à y ajouter.