Les ouvriers hésitaient.
—Qui veut y aller avec moi? demanda Pierken, pour trancher l'affaire.
—Moi! répondit Fikandouss.
Ébahis, tous le regardèrent. Qu'est-ce qui se passait donc chez Fikandouss? On ne le reconnaissait plus! Son regard avait quelque chose de fixe, de fanatique, et toute sa figure montrait une expression de volonté violente et farouche.
—Oui; moi … moi! répéta-t-il avec une sorte d'énergie jalouse, parce que les autres montraient leur grand étonnement.
—Et moi pour les femmes! s'écria à son tour Victorine, très animée.
Ollewaert eut un geste énergique comme pour protester au nom de l'autorité paternelle, mais le regard ferme et décidé de Pierken le retint. Il retourna sa chique et cracha de colère, sans dire mot.
Pierken se déclara satisfait. Il eût préféré un autre délégué que Feelken, mais il ne fit pas d'observation. Il était satisfait. C'était un jeudi. Il fut décidé qu'on attendrait jusqu'au samedi, au repos de quatre heures. Alors, à eux trois, ils iraient trouver M. de Beule chez lui.
Les ouvriers s'étaient levés pour retourner à leur travail. A ce moment apparut Justin-la-Craque suivi de son aide Komèl, qui portait une barre de fer. Justin était ivre. Il se planta en une attitude raidie devant les hommes et se mit à bourdonner d'une voix sombre: «Ooooooooooo…» Mais pas un ne prit garde à lui et tous lui tournèrent le dos avec mépris.
Des choses autrement sérieuses les occupaient à présent.