—Qu'est-ce qui se passe dans la rue? demanda-t-il d'un air rogue.

—Mais je ne sais pas, monsieur, mentit Sefietje tremblante.

Eleken, quittant précipitamment la cuisine, monta l'escalier quatre à quatre, comme si quelque besogne urgente l'appelait en haut. M. de Beule la suivit d'un regard irrité, traversa le vestibule, le couloir et ouvrit la porte d'entrée. La clameur des chants entra en coup de vent dans la maison. Par-ci par-là des portes s'ouvraient dans la rue sombre.

—Qu'est-ce qu'il y a? demanda à son tour Mme de Beule, sortant de la salle à manger.

—Je ne distingue pas bien, mais je crois qu'il y a de nos gens parmi eux, répondit M. de Beule.

—Seigneur Jésus! s'exclama Mme de Beule.

—Qu'il y en ait un seul à se présenter saoul demain matin à la fabrique et je le mets dehors sur-le-champ! cria M. de Beule dans un brusque accès de fureur.

—Ce n'est pas sûr qu'il y en ait des nôtres, risqua Mme de Beule pour le radoucir.

M. de Beule grommela encore quelques vagues menaces et les époux rentrèrent dans la salle à manger. Selon son habitude, M. Triphon était sorti. Les clameurs sauvages se perdirent dans le lointain.

Cependant Sefietje n'avait pas de repos. Elle ne cessait de guetter l'heure à la pendule; et, lorsqu'il fut dix heures moins un quart, elle dit à Eleken, redescendue à la cuisine après le départ de M. de Beule: