—Et les femmes? demanda Mme de Beule.

A ce seul mot, M. de Beule rebondit au paroxysme de la fureur.

—Plus de femmes … nom de nom! tonna-t-il. Plus de ces roulures ici!

Et ses yeux lançaient des éclairs vers M. Triphon comme pour l'anéantir.

Mme de Beule n'insista pas. Elle se replia peureusement sur elle-même; et, de son côté, M. Triphon fit semblant de ne pas saisir l'allusion haineuse. Il alluma sa pipe et s'intéressa un instant à Kaboul et Muche, qui s'entr'étudiaient avec le soin le plus minutieux, comme s'ils ne s'étaient pas vus depuis des années. La porte s'ouvrit et Sefietje reparut. Elle était rouge et suait d'avoir tant couru.

—Justin soignera les chevaux. Il leur a déjà donné l'avoine, et il est en train de les étriller, dit-elle.

Il y eut un murmure de satisfaction. M. de Beule témoigna son contentement par un geste approbatif, et dit:

—Parfait. Déjeune maintenant, Sefietje; puis tu iras chez Doorke
Pruime, chez Sies van Lierde et chez Vloaksken, pour leur demander de
venir travailler à l'huilerie. Après, tu iras chez Peetse Fnieze et chez
Soarlewie Soarels, pour les engager comme «cabris» et meunier.

—J'ai déjà déjeuné; j'y vais tout de suite, répondit Sefietje d'un air soumis.

Et, aussitôt, elle repartit. Alors M. et Mme de Beule allèrent aussi prendre leur petit déjeuner que leur servit Eleken, avec de la fièvre dans ses mouvements et les jupes battantes.