—Pourquoi cette fille est-elle toujours si agitée? demanda M. de Beule agacé.

Mme de Beule tâcha de lui faire comprendre qu'elle avait double besogne, pendant que Sefietje était en course. Kaboul et Muche, selon leur habitude, allaient de l'un à l'autre, quêtant avec des yeux de convoitise, leur part du déjeuner.

Les maîtres ne s'étaient pas encore levés de table que Sefietje était déjà de retour. Essoufflée, le visage moite, son visage osseux aux pommettes avivées d'une flamme, elle avait un air presque tragique; elle rapportait des nouvelles désolantes.

—Monsieur, dit-elle de sa voix éteinte et angoissée, tous ces gens ont du travail. Seul Vloaksken pourrait venir.

—Sacré tonnerre de…! jura M. de Beule en assénant sur la table un coup de poing qui fit sauter les tasses dans les soucoupes.

Sefietje avait les yeux pleins de larmes. Mme de Beule semblait épouvantée. M. Triphon sentait vaciller en lui sa force de résolution.

—Est-ce que l'on ne pourrait pas en trouver d'autres? glissa Mme de
Beule.

—Je n'en veux plus, sacré tonnerre de nom … je ne veux plus personne! hurla M. de Beule avec un nouveau coup de poing sur la table. Je ferme la boîte, j'arrête tout le tremblement et nous verrons un peu qui, d'eux ou de moi, tiendra le plus longtemps!

Il se leva d'un bond, sortit, pour courir, gonflé de fureur, vers la fabrique.

—Mon Dieu! Mon Dieu! Que va-t-il se passer? gémit Mme de Beule en joignant les mains.