—Est-ce que Pierken ne revient plus?
—Mais si, mais si, m'sieu; seulement il est un peu malade; il a un fort mal de tête, répondit Berzeel.
—Et Fikandouss?
—Ça, je ne sais pas, m'sieu, dit Berzeel de son air grave et absorbé.
Les pilons recommençaient à bondir, les hommes s'affairaient autour des presses. Sans s'attarder davantage, Mme de Beule et M. Triphon quittèrent la «fosse aux huiliers» pour se diriger vers la «fosse aux femmes». Au moment de sortir de l'huilerie, comme ils se retournaient sans penser à mal, ils aperçurent de loin Bruun, le chauffeur, qui épiait leur départ, par la porte entr'ouverte de la chambre des machines.
Dans la «fosse aux femmes», plus rien qui les empêchât de dire tout ce qu'ils voulaient. Là aussi tout le monde était à son poste, hormis Victorine. Dès que Mme de Beule et son fils eurent fait leur entrée, Mietje, Lotje et «La Blanche» firent une sortie violente contre Pierken et Victorine qui, disaient-elles, avaient entraîné à la grève tous les autres, contre leur gré. La vieille Natse pleurait comme une Madeleine; et elles étaient unanimes à jurer leurs grands dieux que jamais plus pareille chose n'arriverait et qu'elles chasseraient Victorine à coups de pied quelque part, si elle osait reparaître dans leur atelier.
—Mais comment avez-vous pu vous laisser monter la tête ainsi? s'exclama
Mme de Beule, levant les bras d'indignation.
—Eh oui, bien notre bêtise, notre folie! s'écria Lotje.
Et, à son tour, brusquement elle éclata en larmes.
—Ah! mon Dieu, madame, quelle affaire! Quelle terrible affaire! geignit
Natse, les mains jointes.