Comme il arrivait souvent chez lui, son humeur, l'instant d'avant victorieuse et fanfaronne, était brusquement redevenue, sans aucune cause apparente, morose et sombre. Écarlate, gonflé de colère et de rancune, il était assis au milieu des paperasses à son bureau.
—Si on leur en donnait tout de même deux pour avoir la paix, proposa timidement Mme de Beule.
Il refusa de se prononcer.
—Tu vois comme je suis surchargé de besogne… On ne peut donc pas me laisser une minute tranquille! grommela-t-il.
Mme de Beule s'en retourna auprès de Sefietje qui attendait, sa bouteille pleine sur le bras.
—Il ne veut pas se prononcer! soupira-t-elle.
—Mais que dois-je faire? soupira Sefietje à son tour.
—Donnez-leur en deux, dit Mme de Beule après une brève hésitation.
Sefietje partit, commença par la chambre des machines, s'approcha de
Bruun. Ils échangèrent un salut banal, comme si rien ne s'était passé et
Sefietje remplit le verre. Bruun le lampa d'un trait, garda le verre à
la main, regarda Sefietje.
—Encore? demanda-t-elle d'une voix blanche.