—Oooooooooooo….

C'était Justin-la-Craque abominablement ivre, rauque et puant l'alcool, les yeux aqueux et comme enduits de gélatine, se raidissant pour ne pas tomber à la renverse. Comme toujours, lorsqu'il était pris de boisson, il s'entêtait à chanter l'O Pepita.

Le tribun eut un mouvement de recul, mais la foule s'esclaffait de rire et Justin-la-Craque persistait, avec l'opiniâtreté du pochard.

—Pee … pee … pee … peeeeee….

—Qu'est-ce que c'est? demanda l'orateur en fronçant les sourcils.

—Piii … Pipipipiii … Pepita, Pepita, Pepita! miaulait
Justin-la-Craque sous l'énorme bordée de rires.

Outrés, Leo et Pierken, en le bousculant, vinrent à bout de le repousser et expliquèrent à l'orateur quelle était cette espèce de loufoque, qui lichait. Le tribun hochait la tête d'un air grave et dit:

—Il y a encore beaucoup, beaucoup à faire ici. Il nous faudra souvent revenir.

—Venez! Venez! jubilait Pierken.

Le tribun et sa garde du corps s'écoulèrent avec la foule. Justin-la-Craque, ayant découvert Berzeel, alla se planter devant lui pour offrir à son camarade une séance d'O Pepita. Berzeel souriait, baveux et attendri. Ensemble ils disparurent dans La Belle Promenade.